Saint-Claude. 82 ans après, Saint-Claude n’oublie pas la rafle de 1944

À l’occasion du 82e anniversaire de la rafle du 9 avril 1944, Saint-Claude a rendu hommage aux victimes de la déportation lors d’une cérémonie empreinte d’émotion et de mémoire.

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commémoration déportation Saint Claude
Dépôt d'une gerbe par les trois maires successifs de la commune, Françis Lahaut, Jean-Louis Millet et Frédéric Poncet.

Ce 9 avril dernier, jour de Pâques, revêt une signification particulière à Saint-Claude. La ville commémorait le 82e anniversaire de la rafle du 9 avril 1944, tout en marquant la première sortie officielle de Frédéric Poncet, maire récemment élu, accompagné de son nouveau conseil municipal.

Ce jour-là, en 1944, près de 2 000 hommes âgés de 18 à 25 ans avaient été convoqués place du Pré par la Gestapo dirigée par Klaus Barbie. Parmi eux, 302 Sanclaudiens et Hauts-Jurassiens furent arrêtés puis déportés vers plusieurs camps de concentration, dont Bergen-Belsen, Buchenwald, Dachau, Dora, Ellrich, Neuengamme ou encore Ravensbrück. Sur ces déportés, 116 sont revenus. 186 ne sont jamais rentrés. Le dernier survivant, Pierre Marc, s’est éteint le 16 avril 2024, à l’âge de presque 100 ans.

Respect, souvenirs et recueillement

Lors de cette cérémonie officielle, organisée notamment au monument aux morts de la ville, plusieurs personnalités étaient présentes. Parmi elles, Silvère Say, sous-préfet de l’arrondissement de Lons-le-Saunier et secrétaire général de la préfecture du Jura, représentait l’État, en l’absence du sous-préfet de Saint-Claude, François Huet, récemment nommé mais pas encore en fonction.

La présence conjointe de trois maires de la commune — Messieurs Lahaut, Millet et Poncet — a également marqué les esprits. Tous trois ont déposé ensemble une gerbe au pied du monument aux morts.

Dans son discours, le maire Frédéric Poncet a insisté sur le prix de la liberté payé par les Sanclaudiens. La cérémonie s’est ensuite poursuivie selon le protocole habituel : dépôts de gerbes, sonnerie aux morts, minute de silence et interprétation de l’hymne national, concluant cette matinée placée sous le signe du souvenir et du recueillement.