Dans les ateliers jurassiens, les machines tournent encore. Pourtant, le climat économique inquiète. Entre tensions géopolitiques, coût de l’énergie et ralentissement des investissements, les industriels avancent avec prudence. « Les gens courbent le dos. Il y a une grande prudence », résume Jérôme Fiquet, conseiller développement industriel pôle développement des entreprises.
Depuis 2024, les projets se font plus rares. Certains investissements sont revus à la baisse. D’autres sont reportés. Malgré ce contexte tendu, la Chambre de commerce continue d’accompagner les entreprises du territoire. « Toute demande de toute entreprise mérite toute notre attention », insiste-t-il. Une ligne de conduite qui guide le service industrie depuis plusieurs décennies.
Au quotidien, la CCI agit comme un facilitateur. Recherche d’aides publiques, montage de dossiers, mise en relation avec la Région, Bpifrance ou encore l’Europe : les équipes épaulent les industriels à chaque étape. « On est un peu le service public des entreprises », glisse Emmanuel Vallet, conseiller entreprises industrie et innovation. Depuis 2000, près de 2 000 projets industriels auraient ainsi été accompagnés dans le Jura.
Des projets plus modestes, mais toujours innovants
Si les grands investissements se raréfient, les petites entreprises continuent d’innover. Dans le Jura, l’industrie reste un pilier économique majeur avec près de 25 000 emplois. « Le Jura est le numéro 1 en France pour la part de population active dans l’industrie », rappelle Emmanuel Vallet.
Les projets soutenus couvrent des domaines très variés. Certains concernent la robotique ou la plasturgie. D’autres misent sur la transition environnementale. Parmi les exemples récents figure une machine d’hydroponie capable de produire de l’alimentation animale en sept jours avec très peu d’eau. « C’est super vertueux », souligne Jérôme Fiquet.
Autre innovation accompagnée : un système anti-incendie automatique destiné aux véhicules ou encore des lunettes adaptées à la morphologie des personnes trisomiques. Des projets parfois modestes financièrement, mais porteurs de sens. « On vit aussi des histoires humaines », confie-t-il.
Une industrie qui cherche aussi sa relève
Au-delà des financements, la CCI tente également de changer le regard porté sur l’industrie. Car le secteur peine à recruter. « Il y a de plus en plus un manque de compétences », constate le service industrie. Face à cette pénurie, certaines entreprises forment désormais elles-mêmes leurs salariés.
Pour attirer les jeunes, la Chambre multiplie les interventions dans les collèges et les lycées du département. Depuis 2011, plusieurs milliers d’élèves ont découvert les métiers industriels à travers visites, témoignages et rencontres. Objectif : montrer une industrie loin des clichés. « Ce n’est plus Germinal », résume Jérôme Fiquet.























