Depuis sa création en 2013 pour revaloriser le milieu de la plasturgie, le Plasticampus n’a eu de cesse d’évoluer et de faire rentrer la matière plastique au XXI ème siècle. Chargé d’alimenter les synergies entre enseignement secondaire, organismes de formations, laboratoires de recherche et partenaires économiques, le campus a reçu, officiellement vendredi 29 mai, un nouveau label Excellence, après celui de 2020. « C’est à partir de cette première labellisation que le Plasticampus a pris son envol. Je me souviens des mots de l’ancienne rectrice d’académie, Marie-Danièle Campion, qui m’avait dit : “je compte sur vous pour être disruptif”, ou de ceux de Jean-Michel Blanquer : “il faut que vous soyez le Harvard du professionnel”. On essaie aujourd’hui d’être le Harvard de la plasturgie », a retracé le président, Joël Viry.


« Nous reconstruisons l’image d’une matière »
Situé à l’arrière du lycée Arbez Carme, à Bellignat, le campus est en lien direct avec les établissements du secondaire pour mettre en avant la filière plastique : « Nous reconstruisons l’image d’une matière par l’innovation. Nos établissements sont au cœur de la mêlée », a affirmé le proviseur du lycée, Christophe Bois, avec de nombreuses métaphores rugbystiques, au lendemain de la fin de saison de l’US Oyonnax. Même si ces liens avec les lycées sont décisifs, Joël Viry a rappelé la volonté de promouvoir la filière encore plus tôt pour les jeunes : « En 3ème, c’est souvent déjà trop tard. Ils ne savent pas ce qu’ils veulent faire, mais ils savent ce qu’ils ne veulent pas faire. On a un vrai défaut d’attractivité auprès des jeunes ». Pour y remédier, le campus accueille des élèves dès la classe de CP : « Ils ont des étoiles dans les yeux quand ils ressortent. Et des enseignants, même dans des matières éloignées, participent : on a eu une professeure d’histoire-géographie qui est venue fabriquer un Tank en 3D avec sa classe ».

Toutes ces réalisations, d’élèves de primaires ou de collégiens, ont été présentées à la rectrice de l’académie, Anne Bisagni-Faure. Entre masque de théâtre, distributeur de protections hygiéniques, porte-livre, voiture télécommandée, ou même maquette reproduisant la scierie SIBC, à Champagnole. Ces initiations, auprès de 250 élèves par mois, sont décisives pour créer des parcours dans la plasturgie, et alimenter les entreprises de la Plastics Vallée. « Près d’une entreprise sur deux a des difficultés de recrutement dans le milieu de la production », a rappelé Gilles Pernoud, du syndicat Polyvia. « Nous avons trois filières en tension dans la Région : la santé-sociale, le bâtiment et l’industrie », a complété la rectrice.

Un développement à venir grâce au nouveau label
Des axes d’amélioration ont également été pointés du doigt par les différents acteurs lors de la relabellisation. Joël Viry a mentionné l’enjeu « d’offrir une véritable vie étudiante », Anne Bisagni-Faure a évoqué « les places vacantes en internat », et la sous-préfète, Karine Garcin-Escobar, a rappelé la nécessité d’ouvrir davantage les formations aux femmes : « Nous ne pouvons pas nous priver de la moitié des talents ». Avec cette nouvelle labellisation, le Plasticampus va pouvoir encore se développer, grâce aux financements de la banque des territoires et de France 2030. La caverne de la Plastics Vallée a encore de beaux jours devant elle.
























