Édito. Le Jura en danseuse

0
58
Le passage du Tour de France féminin dans les rues de Champagnole a marqué les esprits.

Chaque été, il y a des signes qui ne trompent pas. Les terrasses se remplissent, les cigales tentent une percée jusqu’en Franche-Comté… et les routes se couvrent soudainement de barrières métalliques. Pas de doute : le Tour de France approche.

Cette année, le Jura ne sera pas seulement une étape sur la carte. Il sera l’un des grands terrains de jeu de la Grande Boucle. Un départ à Dole, un autre à Champagnole, une arrivée à Poligny : autant dire que pendant quelques jours, le département va passer du statut de secret bien gardé à celui de vedette internationale.

Il faut dire que le Tour a ce pouvoir magique. Une route départementale empruntée chaque matin pour aller travailler devient soudain un décor de carte postale. Le rond-point que tout le monde critique depuis dix ans se transforme en élément stratégique du parcours. Même la côte que l’on monte péniblement en voiture prend des airs de col mythique dès qu’un commentateur télé lui consacre trente secondes.

Mais avouons-le : on aime ça.

On aime voir les enfants repartir avec une casquette publicitaire attrapée au vol. On aime chercher sa maison à la télévision. On aime entendre les commentateurs découvrir, émerveillés, que le comté ne pousse pas naturellement sur les arbres et que le Jura ne se résume pas aux stations de ski.

Pendant quelques heures, Dole, Champagnole et Poligny seront observées par des millions de téléspectateurs. Les champions fileront à plus de 40 km/h, mais les images, elles, resteront bien plus longtemps.

Alors profitons-en. Après tout, ce n’est pas tous les jours que le plus grand événement cycliste du monde vient faire un détour par notre jardin.

Et si certains se demandent encore pourquoi les Jurassiens tiennent tant au Tour, la réponse est simple : parce qu’ici, entre deux montées et quelques virages, on sait qu’il n’y a pas besoin d’un maillot jaune pour être fier de son territoire.