La compagnie Murmures Sauvages et la compagnie Caillou Tordu. Rien qu’à entendre leurs noms, on s’imagine dans la nature, profitant d’une belle après-midi au soleil que nos territoires peuvent offrir. C’est pour partir à leurs rencontres que Pierre Morin et Juliette Fédon ont décidé de se lancer dans une escapade artistique, du 3 au 11 avril, entre Lyon et Pontarlier. « Notre idée était directement inspirée du collectif Les oiseaux de trottoir, un orchestre chansonnier qui tourne à vélo partout en France, en groupe de 25-30 personnes. C’est même par ce biais que nous nous sommes rencontrés avec Juliette », raconte Pierre.
Les deux compères ont décidé de reproduire le dispositif à plus petite échelle, partant à deux, et jouant en premier lieu dans la région lyonnaise. « On a commencé dans un habitat partagé à Saint-Germain-au-Mont-d’Or, puis dans des colocations à Bron et à Lyon », explique l’artiste. Après ces premières étapes d’échauffement, ils parcourent 80 kms à vélo le 7 avril, pour rallier Cize, dans l’Ain.

Des marchés, des granges, des ateliers de luthier…
« Ça a été notre plus longue étape, pour jouer dans le marché de producteurs de ce village de 700 habitants. Tout au long du trajet, on a porté notre matériel sur le porte-bagage : mon synthétiseur et un bout du décor de la pièce de Juliette ». Car les deux artistes proposaient un spectacle d’une heure et demie sous plusieurs formes, entre musique et théâtre. « Juliette présentait sa pièce “Suzanne”, créée il y a six mois : un seule en scène où elle interprète le rôle d’une femme qui retrace sa vie et décide de tout quitter à 60 ans. Quant à moi, je proposais un concert, dans lequel je jouais de la chanson française au piano », retrace Pierre Morin.

Ses chansons, un peu décalées et absurdes, sont parvenues aux oreilles jurassiennes à partir du 8 avril. « On est remontés à vélo sur Bourg-en-Bresse pour prendre le train pour Lons-le-Saunier. De là, on a joué à Ruffey-sur-Seille dans une grange associative (La grange à Ruffey) et au Local, à Lons, le lendemain ».
À chaque étape, les deux artistes étaient accueillis, logés, nourris, avec du matériel qui les attendait. « On a eu une seule journée un peu galère, sans le matériel son qu’on avait besoin. Mais autrement, l’accueil a été incroyable. Tout le monde était super sympa dans le coin ». Pour les deux derniers jours de leur périple, Pierre et Juliette ont rejoint le Doubs, pour jouer à la Ferme des rocailleuses à Rochejean, puis dans l’atelier du luthier Marc Boyadjian, à Pontarlier. « Sur cette dernière étape, on s’est un peu perdus sur l’itinéraire », sourit Pierre. « Mais le soleil et la bonne humeur nous ont accompagnés tout du long. On espère refaire ça en octobre dans une autre région », conclut le chanteur.

























