Édito. Quatre ans d’attente

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Coupe du Monde 2026

Elle revient. Comme les moustiques l’été, les bonnes résolutions en janvier ou les débats sur la chocolatine. La Coupe du Monde approche, et avec elle ce phénomène étrange qui transforme soudainement chaque Français en sélectionneur national diplômé de la FIFA.

Dans quelques jours, des millions de personnes qui n’ont pas regardé un seul match depuis quatre ans expliqueront très sérieusement pourquoi « il fallait faire rentrer le petit jeune à la 63e ». Les terrasses vont se remplir, les discussions de bureau devenir tactiques, et des amitiés vaciller sur un simple débat autour d’un hors-jeu semi-automatisé dont personne ne comprend vraiment le fonctionnement.

La Coupe du Monde, c’est aussi ce moment suspendu où le pays vit au rythme des matchs. Les réunions se terminent mystérieusement plus tôt. Les repas de famille s’organisent autour des horaires de diffusion. Même les plus réfractaires finissent par demander : « On joue quand déjà ? »

Et puis il y a les rituels. Le maillot porté trois jours d’affilée « parce qu’il porte chance ». Les chips achetées en quantité industrielle. Les voisins soudainement très bruyants à chaque but. Sans oublier cette capacité toute française à passer, en moins de 90 minutes, de « on va être champions du monde » à « c’est une catastrophe nationale ».

Mais au fond, c’est peut-être pour ça qu’on aime autant cette compétition. Parce qu’elle réussit l’exploit de réunir des générations entières devant le même écran. Parce qu’elle offre des émotions absurdes pour des gens courant après un ballon, mais des émotions quand même. Et parce qu’au milieu des soucis du quotidien, il reste agréable de débattre passionnément d’un corner mal tiré comme si l’avenir du pays en dépendait.

Alors oui, pendant quelques semaines, le monde va tourner un peu plus rond… ou du moins un peu plus rond comme un ballon.