
Après la fibre, place aux usages. Alors que le déploiement du très haut débit touche à sa fin dans le Jura, le Département souhaite désormais s’appuyer sur cette infrastructure pour développer de nouveaux outils numériques au service des collectivités. Autour de Gérôme Fassenet, président du Conseil départemental, Jean-François Bauvois, directeur général des services, Fabien Malard, directeur de cabinet, et Aziz Sabri, chef de service adjoint Réseaux et usages numériques territoriaux, ont détaillé les contours d’un futur centre de supervision départemental.
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Le principe est simple : permettre aux communes et intercommunalités volontaires de raccorder leurs caméras à une plateforme unique pilotée à l’échelle départementale. Début mars, un courrier a été adressé aux collectivités afin de mesurer leur intérêt. « Aujourd’hui, on a 150 retours de communes qui sont intéressées pour participer à ce centre de supervision départemental », a annoncé Gérôme Fassenet.
Loin de l’image d’un vaste centre de surveillance permanent, le Département insiste sur la dimension « opérationnelle » du dispositif. « Je ne veux pas que les gens soient filmés et qu’on soit derrière notre écran à regarder ce qu’il se passe », a insisté le président du Département. « Ce qu’on veut vraiment, c’est une vidéoprotection pour aider nos concitoyens à se sentir plus en sécurité et protéger les biens. »
Une surveillance assistée par l’intelligence artificielle
Concrètement, les flux vidéo des communes seraient centralisés dans un centre dédié, dont le lieu d’implantation reste encore à définir. Les images seraient ensuite analysées par des outils d’intelligence artificielle capables de détecter certaines situations inhabituelles : rassemblements suspects, intrusions, dépôts sauvages ou comportements anormaux.
« L’idée, c’est utiliser l’IA pour détecter les problématiques. Et ensuite, on a l’intervention humaine », a résumé Jean-François Bauvois. L’objectif est d’éviter qu’un agent ait à surveiller en permanence des centaines d’écrans. En cas d’alerte, un opérateur assermenté pourrait vérifier les images et décider, si nécessaire, de prévenir les forces de l’ordre.
Le Département imagine déjà plusieurs usages concrets. Outre la vidéoprotection classique autour des écoles, bâtiments publics ou ateliers municipaux, le futur centre pourrait centraliser les alarmes des bâtiments départementaux. Gérôme Fassenet a notamment évoqué l’incendie survenu au collège de Saint-Laurent-en-Grandvaux. « L’alarme a sonné dans le vide », a regretté l’élu, expliquant que ce type de plateforme permettrait de déclencher plus rapidement les secours.
D’autres pistes sont déjà évoquées : surveillance des feux de forêt grâce à des caméras intelligentes, suivi de certains axes routiers sensibles en hiver, ou encore détection précoce de dégradations sur les chaussées départementales.
La souveraineté des données au cœur du projet
L’autre enjeu majeur du dossier concerne la maîtrise des données numériques. Le Département veut éviter que les flux vidéo ou les données collectées soient hébergés hors du territoire.
Le projet prévoit donc de travailler avec des solutions qualifiées de « souveraines », tant pour l’intelligence artificielle que pour l’hébergement des données. « Il faut éviter tout ce qui est traçabilité et repérage de personnes », a insisté Aziz Sabri. « On va tendre vers des solutions qui permettent des analyses de comportement, mais sans aller sur l’identification des personnes. »
Le coût de création du centre est estimé à environ 500 000 euros. Le futur syndicat chargé de porter le projet pourrait être créé dès la rentrée 2026. Si le calendrier est tenu, le centre de supervision départemental pourrait entrer en fonctionnement au début de l’année 2027.
























