
Jamais les collectivités n’avaient dû faire face à un épisode de chaleur aussi intense en pleine période scolaire. Dans une lettre adressée à l’ensemble des maires de France, jeudi 25 juin, le Premier ministre Sébastien Lecornu les a remerciés pour leur mobilisation, tout en les invitant à « aller plus vite, avec méthode et pragmatisme » dans l’adaptation au réchauffement climatique. Partout dans le Jura, le Haut-Bugey et en Bresse, les élus ont dû réagir dans l’urgence. Désormais, l’heure est à l’anticipation. Isolation des bâtiments, nouveaux équipements ou réorganisation des services, les collectivités préparent déjà les prochaines canicules.
Les écoles au cœur des réflexions
Les écoles apparaissent comme le premier chantier face aux épisodes de fortes chaleurs. À Champagnole, la municipalité privilégie l’adaptation plutôt que la fermeture des établissements. Chaque classe est désormais équipée d’un ventilateur et la Ville mise sur des bâtiments plus performants. « Nous avons investi beaucoup d’argent dans nos écoles afin qu’elles soient bien isolées », souligne Guy Saillard.
À Lons-le-Saunier, la réponse s’organise à plusieurs niveaux. En parallèle d’un plan pluriannuel de rénovation thermique des groupes scolaires, la Ville engage une concertation avec l’Éducation nationale et les directeurs d’école afin de mettre en place des protocoles communs de gestion de crise. Durant cet épisode, le maire Cyrille Brero a choisi de mettre à profit plusieurs bâtiments récents et climatisés pour accueillir exceptionnellement les élèves, parmi lesquels le centre aéré de Montciel, Juraparc, le Bœuf sur le Toit ou encore la médiathèque 4C.
À Dole, la municipalité a également adapté son fonctionnement. Les élèves n’ont été accueillis que le matin lors du passage en vigilance rouge, tandis qu’un service minimum était maintenu l’après-midi dans les espaces les plus frais. Les agents municipaux ont multiplié les mesures pour préserver la fraîcheur des bâtiments, avec une ouverture des écoles dès l’aube, des relevés réguliers de température, l’installation de ventilateurs dans les treize groupes scolaires et des activités périscolaires recentrées sur des temps calmes ou des jeux d’eau.
Au-delà des écoles, la Ville a renforcé l’accompagnement des personnes vulnérables. Le CCAS assure un suivi quotidien des personnes inscrites sur le registre canicule, tandis que la résidence des Paters ouvre ses espaces climatisés aux habitants âgés, isolés ou fragiles. Les horaires de plusieurs médiathèques ont également été avancés afin d’éviter les heures les plus chaudes.
Dans le Haut-Bugey, le choix a été fait d’exploiter au maximum les équipements existants. Les horaires du complexe nautique Robert-Sautin ont ainsi été élargis par l’Agglomération et les tarifs revus à la baisse. À Oyonnax, les travaux d’adaptation ont été accélérés à cause de l’épisode. « Une enveloppe exceptionnelle a été actée pour climatiser le restaurant Pasteur, qui servira cet été pour accueillir les enfants », a indiqué le maire, Laurent Harmel. Concernant les deux crèches, la municipalité avait anticipé le chantier et, dès le 13 juillet prochain, des salles climatisées seront disponibles. « Climatiser, tout en amplifiant la rénovation énergétique est désormais une priorité. Nous n’attendrons pas la prochaine crise », promet l’édile.
À Auxonne, en Côte d’Or, les écoles ont fermé leurs portes durant l’épisode caniculaire. Les marchés et plusieurs manifestations sportives ont été annulés, tandis qu’un registre destiné aux personnes vulnérables a été activé afin d’assurer un suivi renforcé.
Un « mur d’investissement à affronter »
De son côté, la communauté de communes Porte du Jura insiste davantage sur l’organisation des communes. « On vous demande (…) d’aller auprès des personnes vulnérables », a rappelé sa présidente, Valérie Vaucher. À Louhans-Châteaurenaud, la municipalité a mis en place un registre canicule destiné aux habitants de plus de 65 ans. Le CCAS a pris quotidiennement contact avec les personnes inscrites afin de s’assurer de leur situation.
Toujours en Bresse, mais côté Jura, le président de Bresse Haute-Seille, Stéphane Lamberger, plaide pour un plan canicule davantage coordonné. « L’État et l’Éducation nationale se sont déchargés sur nous. On a eu une grande diversité de situations entre des écoles qui ferment et d’autres qui ne ferment pas. On doit décider de quelque chose qui ne soit pas totalement décousu », estime le maire de Bletterans, qui s’inquiète également du « mur d’investissement à affronter » pour adapter durablement les bâtiments publics aux fortes chaleurs.
Au-delà de la gestion de crise, cette semaine de canicule aura surtout servi de révélateur. Partout sur le territoire, les collectivités savent désormais que ces épisodes de chaleur devront être intégrés à leurs futurs projets d’aménagement et d’investissement.






















