Pour la Chambre de commerce et d’industrie du Jura, la Défense est avant tout un champ économique à structurer. Loin des seuls équipements militaires, elle recouvre une multitude de marchés auxquels les entreprises locales peuvent prétendre. Encore faut-il les identifier, les comprendre et s’y positionner.
C’est précisément le rôle que la CCI entend renforcer. Elle agit comme un point d’entrée et un facilitateur pour les entreprises jurassiennes. « C’est un sujet de souveraineté nationale », rappelle sa directrice générale, Valérie Faton.
Dans les faits, l’objectif est simple : ouvrir des portes. « Bosser pour la défense, ce n’est pas que bosser pour l’armement », insiste-t-elle. Agroalimentaire, mécanique, bâtiment, textile ou services numériques : de nombreux secteurs sont concernés. « Les militaires ont besoin de manger, ils ont besoin de dormir dans des bâtiments », illustre-t-elle.
Un tissu industriel déjà concerné
Dans le Jura, cet écosystème existe déjà, parfois sans être identifié comme tel. « Le Jura est un des départements les plus industriels de France », souligne la directrice générale de la CCI du Jura. Métallurgie, plasturgie, mécanique de précision ou agroalimentaire : les savoir-faire locaux correspondent à une partie des besoins de la filière.
Certaines entreprises travaillent déjà avec ce secteur, mais souvent de manière discrète. L’enjeu n’est donc pas de créer une filière ex nihilo, mais de mieux connecter l’existant. Pour cela, la CCI joue un rôle d’accompagnement essentiel car les procédures sont spécifiques. Les cahiers des charges sont exigeants et les délais parfois longs. « Travailler pour la défense, ce n’est pas un claquement de doigts », rappelle Valérie Faton, qui insiste surtout sur la nécessité de méthode et de préparation.

ProMilès comme illustration concrète
La signature de douze manifestes ProMilès au Fort des Rousses, le vendredi 5 juin, s’inscrit dans cette dynamique. L’opération vise à renforcer les liens entre entreprises et armées à travers des engagements concrets : accueil de réservistes, accompagnement de reconversions, mécénat ou encore mentorat. « L’idée, c’est de mieux se connaître pour mieux se comprendre », a souligné le lieutenant-colonel Bernasconi, délégué militaire départemental, en ouverture des interventions.
Jean-Charles Arnaud, pour JuraFlore, a ensuite insisté sur la dimension territoriale de ces engagements, en rappelant l’ancrage des entreprises locales dans les dynamiques de coopération. Du côté du monde patronal, Emmanuel Viellard, président du MEDEF territoires francs-comtois et du club des entreprises partenaires des armées, a rappelé la logique de réseau : « Ce sont des relations qui se construisent dans la durée ».
Le général Helluy a, de son côté, mis en avant la volonté de structurer davantage ces partenariats à l’échelle locale, dans un contexte où les échanges entre armées et monde économique se multiplient. Enfin, le sous-préfet de Saint-Claude, François Huet, a salué une démarche qui contribue, selon lui, à « renforcer les liens entre les forces armées et les acteurs économiques du territoire ».
























