Édito. Le plein de bonne humeur

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Il y a des nouvelles qui mériteraient presque un jour férié. Non, ce n’est pas encore la victoire de l’équipe de France en finale d’un grand tournoi, ni l’annonce d’une semaine sans pluie au mois de novembre. Cette fois, le miracle est à la pompe.

Depuis quelques jours, le prix des carburants joue enfin dans notre camp. Les panneaux des stations-service affichent des chiffres que l’on n’avait plus vus depuis longtemps. Alors forcément, les automobilistes redécouvrent une sensation oubliée : remplir leur réservoir sans avoir l’impression de signer un crédit immobilier.

Les plus optimistes se prennent même à rêver. Certains repoussent le moment de faire le plein, persuadés que le litre perdra encore quelques centimes demain. D’autres calculent déjà ce qu’ils vont faire de cette fortune économisée : un café en terrasse, une baguette supplémentaire ou, soyons fous, un aller-retour chez la belle-famille sans soupirer au moment de démarrer.

Évidemment, l’expérience nous a appris à rester prudents. Le prix des carburants est un peu comme la météo jurassienne : il peut changer d’humeur en quelques heures. On savoure donc l’instant présent, sans trop s’attacher. Après tout, les bonnes surprises ont parfois la durée de vie d’un cornet de glace en pleine canicule.

En attendant, profitons-en. Faites le plein si vous en avez besoin, mais évitez peut-être d’annoncer trop vite que ” cette fois, c’est reparti pour de bon “. Les automobilistes le savent : avec l’essence, les montagnes russes ne sont pas toujours dans les parcs d’attractions.

Et si, par bonheur, cette baisse venait à durer… il faudra peut-être penser à prévenir les GPS. Ils risqueraient de ne plus reconnaître tous ces conducteurs qui auront soudainement retrouvé le goût des détours.