Dossier de la semaine. Centre hospitalier Jura Sud : les défis d’un redressement durable

Déficit de 8,7 millions d'euros, bâtiments vieillissants, recrutement sous tension : le Centre hospitalier Jura Sud doit relever plusieurs défis pour retrouver l'équilibre.

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centre hospitalier Lons le saunier
Le site de Lons-le-Saunier concentre plusieurs projets de modernisation.

Avec cinq sites hospitaliers répartis entre Lons-le-Saunier, Saint-Claude, Champagnole, Morez et Orgelet, le Centre hospitalier Jura Sud (CHJS) occupe une place essentielle dans l’accès aux soins du département. Dans un rapport publié ce printemps, la Chambre régionale des comptes dresse le portrait d’un hôpital confronté à des difficultés financières persistantes, à des tensions de recrutement et à un patrimoine immobilier vieillissant.

Les chiffres témoignent de ces fragilités. En 2024, le déficit d’exploitation atteint 8,7 millions d’euros. Parallèlement, certaines activités enregistrent un recul de fréquentation, tandis qu’une partie des patients du territoire se tourne vers d’autres établissements. Pour les magistrats financiers, le retour à l’équilibre passera notamment par une reconquête de l’activité et une meilleure maîtrise des dépenses.

L’état des infrastructures interroge également. Selon la Chambre régionale des comptes, près des trois quarts du patrimoine hospitalier présentent un niveau significatif de vétusté. Plusieurs opérations de rénovation sont déjà engagées, notamment à Lons-le-Saunier et à Champagnole, mais les besoins restent considérables.

Des difficultés qui dépassent le seul cadre local

Comme de nombreux établissements publics, l’hôpital doit composer avec l’augmentation des charges, le vieillissement de la population et les difficultés croissantes de recrutement. À cela s’ajoute, dans le Jura, la proximité avec la Suisse qui accentue la concurrence sur certains métiers.

Le nouveau directeur du CHJS, Philippe Lequien, identifie d’ailleurs l’attractivité comme un enjeu majeur. « Certaines professions sont particulièrement en tension, comme les infirmiers ou les manipulateurs en radiologie », constate-t-il. « Pour attirer des professionnels, il ne suffit pas de proposer un poste. Il faut également offrir de bonnes conditions d’accueil, d’intégration et d’hébergement. »

Des leviers pour préparer l’avenir

Malgré les difficultés, plusieurs pistes de travail émergent déjà. Pour Philippe Lequien, l’avenir passe par une organisation davantage coordonnée à l’échelle du territoire.

Le directeur souhaite notamment donner une nouvelle impulsion au Groupement hospitalier de territoire du Jura. « Nous devons travailler collectivement sur les parcours de soins et sur les solutions apportées aux patients à chaque étape de leur prise en charge », affirme-t-il.

D’autres dossiers structurants doivent également avancer dans les prochains mois, à commencer par la future plateforme pharmaco-logistique ou encore la réflexion sur l’offre de soins de proximité. Si les défis sont nombreux, le nouveau directeur estime que le territoire dispose d’atouts réels pour rebondir. « Les établissements traversent une période complexe mais ils disposent aussi de nombreux atouts. Il existe beaucoup de leviers pour améliorer la situation », assure-t-il.