Édito. Le goût des prolongations

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Il y a des mystères que même les plus grands esprits n’ont jamais réussi à percer : la disparition des chaussettes dans la machine à laver, le fonctionnement réel des groupes WhatsApp familiaux… et la durée des conseils communautaires.

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Car enfin, soyons honnêtes : qui peut sérieusement expliquer pourquoi une réunion prévue à 18 heures s’étire, avec une régularité métronomique, jusqu’à 23h17 — voire au-delà, pour les amateurs de prolongations ? À ce stade, ce n’est plus une séance, c’est une épreuve d’endurance. On ne siège plus, on bivouaque.

Le phénomène mérite étude. D’un côté, il y a ceux qui regardent leur montre discrètement toutes les trois minutes, calculant mentalement le nombre de minutes de sommeil qu’ils sont en train de perdre. De l’autre, une poignée d’irréductibles qui semblent découvrir une énergie nouvelle à mesure que la soirée avance.

On en vient alors à se poser une question, presque philosophique : certains élus auraient-ils… peur de rentrer chez eux ? Y a-t-il, quelque part, des canapés moins confortables que les chaises de salle du conseil ? Le mystère reste entier.

Et pourtant, à l’heure où tout s’accélère — l’information, les transports, les séries qu’on regarde en x2 —, le conseil communautaire résiste. Il prend son temps. Beaucoup de temps. Peut-être est-ce là, finalement, un acte de résistance : prouver que dans ce monde pressé, il existe encore des lieux où l’on peut débattre… longuement. Très longuement.