Invité de la semaine. Philippe Lequien veut bâtir une nouvelle dynamique hospitalière

Nommé le 1er mai à la tête du Centre hospitalier Jura Sud, du centre hospitalier de Saint-Claude et de celui de Morez, Philippe Lequien livre sa vision pour les établissements jurassiens. Parcours, priorités et défis à relever : le nouveau directeur détaille sa feuille de route.

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Recrutement hôpital Jura
Philippe Lequien entend améliorer les relations avec la médecine de ville afin de limiter certains passages aux urgences.

Après un mois dans le Jura, quel regard portez-vous sur ce territoire et sur les établissements que vous découvrez ?

« J’ai trouvé des équipes très attachées à leur mission de service public et à leurs établissements. Bien sûr, il existe des préoccupations liées aux tensions financières, aux difficultés de recrutement ou encore à l’avenir de certains services. Mais ce qui m’a frappé, c’est surtout l’envie d’avancer. Les professionnels sont profondément attachés à leurs outils de travail et à leur territoire. Aujourd’hui, ma priorité est d’aller à leur rencontre, de visiter les différents sites et d’écouter. Je suis convaincu qu’avant de prendre des décisions, il faut d’abord comprendre les réalités du terrain. Cette phase d’observation est d’autant plus importante que l’établissement sort d’une longue période d’intérim. J’attends également beaucoup de la mission actuellement menée par l’Agence nationale d’appui à la performance, qui doit nous fournir cet été un diagnostic complet de la situation. »

Quelles sont les grandes priorités que vous souhaitez porter dans les prochains mois ?

« Mon premier objectif est de renforcer le Groupement hospitalier de territoire du Jura. Aujourd’hui, il existe mais je pense qu’il doit s’ouvrir davantage à d’autres partenaires. Je pense aux établissements médico-sociaux, aux centres de rééducation, aux professionnels libéraux ou encore aux organismes de formation. Nous devons travailler collectivement sur les parcours de soins et sur les solutions apportées aux patients à chaque étape de leur prise en charge. »

Les difficultés de recrutement restent un enjeu majeur pour l’hôpital. Comment comptez-vous agir ?

« La question de l’attractivité est centrale. Nous sommes dans un environnement concurrentiel, notamment avec la proximité de la Suisse. Certaines professions sont particulièrement en tension, comme les infirmiers ou les manipulateurs en radiologie. Pour attirer des professionnels, il ne suffit pas de proposer un poste. Il faut également offrir de bonnes conditions d’accueil, d’intégration et d’hébergement. C’est particulièrement vrai pour les internes. Leur expérience sur un territoire influence souvent leurs choix futurs. Nous travaillons déjà avec les collectivités sur ces questions. »

Vous semblez très attaché à la Bourgogne-Franche-Comté. Vous projetez-vous dans la durée dans le Jura ?

« Oui, sincèrement. Lorsque je suis arrivé en Franche-Comté en 2016, cela a été un véritable coup de cœur familial. Nous avons trouvé ici une qualité de vie exceptionnelle. Sur le plan professionnel, le défi est également passionnant. Les établissements traversent une période complexe mais ils disposent aussi de nombreux atouts. Il y aura des sujets difficiles à traiter, mais il existe également beaucoup de leviers pour améliorer la situation. Il y a énormément de choses à faire sur ce territoire et c’est précisément ce qui rend cette mission particulièrement stimulante. »