Édito. Le Haut-Jura, nouvelle sortie d’autoroute du G7

0
58
Les pays membres du G7 : le Canada, la France, l'Allemagne, l'Italie, le Japon, le Royaume-Uni et les Etats-Unis

À écouter certaines conversations ces derniers jours, le sommet du G7 d’Évian ne se déroulera pas seulement sur les rives du Léman. Il aura aussi lieu à Saint-Claude, Morez, Les Rousses, voire jusqu’à Champagnole.

Toyota Portes Ouvertes

Car dans la grande compétition annuelle de la spéculation locale, chacun y va désormais de son pronostic. Le Léman serait paralysé. Genève impraticable. Les frontières saturées. Les hélicoptères omniprésents. Et, par effet domino, le Haut-Jura deviendrait soudain l’itinéraire de secours de toute la région franco-suisse.

Certes, les perturbations annoncées sont réelles. Les autorités suisses ont prévu des contrôles renforcés aux frontières, des restrictions aériennes et un dispositif de sécurité exceptionnel mobilisant plusieurs milliers de militaires et policiers.

Mais à force d’entendre certains récits, on finit par imaginer la RN5 transformée en périphérique genevois, les parkings des Rousses pris d’assaut par des diplomates américains égarés et les habitants de Prémanon obligés de présenter leur passeport pour aller chercher le pain.

Le plus fascinant reste sans doute la vitesse à laquelle l’événement a pris une ampleur quasi mythologique. Le sommet n’a pas encore commencé que chacun prépare déjà son plan B, son plan C, voire son plan D. Les frontaliers envisagent de partir travailler à l’aube. Les réseaux sociaux prédisent l’apocalypse routière.

Mais dans l’imaginaire collectif jurassien, le Haut-Jura semble désormais situé à trois kilomètres du centre des négociations internationales.

Et si, finalement, le plus grand exploit diplomatique du G7 était d’avoir réussi à faire croire à tout le Jura qu’il se trouvait sur les bords du Léman ?

Avec un peu de chance, les habitants des Hautes-Combes pourront encore traverser leur village sans croiser le cortège du président des États-Unis.