Prémanon. Jean-Marc Landry a décrypté les enjeux de la cohabitation avec le loup

Invité de l’Espace des Mondes Polaires de Prémanon, le biologiste et éthologue suisse Jean-Marc Landry a réuni près d’une centaine de personnes autour d’une conférence consacrée aux enjeux de la cohabitation avec le loup.

0
62
Loup
La question de la protection des troupeaux face à la prédation du loup a été largement abordée lors de la soirée.

L’auditorium de l’Espace des Mondes Polaires (EMP) affichait presque complet, jeudi 4 juin, à l’occasion de la conférence de Jean-Marc Landry, biologiste et éthologue. Face à l’affluence, quelques chaises supplémentaires ont même dû être ajoutées pour accueillir la centaine de personnes venues écouter le biologiste et éthologue suisse, spécialiste reconnu du loup.

Intitulée “Le loup : enjeux d’une cohabitation”, cette rencontre a permis d’aborder les multiples facettes d’un sujet qui suscite toujours de vifs débats. Pour Jean-Marc Landry, le loup est avant tout devenu un “objet politique”, cristallisant des problématiques parfois opposées.

Prévention et protection des troupeaux

Au cours de son intervention, Jean-Marc Landry a présenté les différents moyens permettant de limiter les attaques sur les animaux d’élevage. Parmi eux figurent les bâtiments et enclos sécurisés, les clôtures mobiles ou électrifiées, ainsi que les clôtures permanentes renforcées.

Le spécialiste a également abordé la question sensible des tirs de prélèvement. Selon lui, lorsqu’une telle mesure est envisagée, elle doit cibler l’animal responsable des prédations afin d’éviter de désorganiser une meute entière, ce qui pourrait engendrer de nouvelles difficultés.

Pour Jean-Marc Landry, les chiens de protection, plus communément appelés “patous”, constituent toutefois l’un des outils les plus efficaces. Présents en permanence auprès des troupeaux, ils jouent un rôle dissuasif face aux prédateurs tels que le loup ou le lynx.

Cette solution soulève néanmoins d’autres enjeux, notamment en matière de cohabitation avec les usagers de la montagne. Randonneurs, vététistes, campeurs ou promeneurs accompagnés de chiens peuvent être amenés à croiser ces animaux de garde.

Face à un chien de protection en activité, il recommande notamment de rester sur les sentiers balisés, de s’arrêter si nécessaire, de lui parler calmement et d’éviter tout comportement susceptible d’être perçu comme une menace. « En un mot, je respecte leur travail », a-t-il résumé devant un auditoire particulièrement attentif.