Salins-les-Bains. Indemnités des élus : un débat tendu au conseil municipal

Lors du conseil municipal du 7 avril, la question des indemnités des élus a suscité un échange particulièrement animé entre la nouvelle majorité et l’opposition. Si ce vote constitue une formalité obligatoire en début de mandat, il a ravivé les tensions politiques autour de l’impact financier pour la commune.

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Mairie de Salins les Bains
Mairie de la cité thermale.

Au cœur du débat, le montant des indemnités attribuées aux élus municipaux. Porte-parole de l’opposition, Clément Forêt s’est dit « abasourdi » par l’ampleur des revalorisations proposées par la nouvelle équipe. Selon ses calculs, l’indemnité du maire progresserait de 41 %, celles des adjoints de 75 % et celles des conseillers délégués de 115 %.

L’opposition estime ainsi que l’enveloppe globale mensuelle augmenterait de 54 %, malgré la suppression d’un poste d’adjoint. Une évolution qui représenterait, selon elle, un surcoût annuel d’environ 34 000 euros, soit plus de 200 000 euros sur la durée du mandat. Dans un contexte budgétaire incertain, ces dépenses supplémentaires suscitent des inquiétudes quant à la capacité de la commune à financer ses futurs investissements.

La majorité évoque une remise à niveau

Face à ces critiques, la majorité municipale a réagi par voie de communiqué, réfutant les chiffres avancés par l’opposition. Elle affirme que l’enveloppe globale des indemnités est plafonnée à 6 679 euros bruts mensuels, ce qui limiterait l’impact réel à environ 20 000 euros par an, soit 0,67 % des dépenses de fonctionnement de la commune.

Les élus majoritaires soulignent également avoir fait le choix de ne pas appliquer la majoration légale de 50 % dont bénéficie la commune en tant que station thermale. Une décision présentée comme un geste de modération dans un contexte budgétaire contraint. La majorité rappelle par ailleurs avoir hérité de 1,5 million d’euros de travaux non financés issus de la précédente mandature.

Une nouvelle organisation municipale

Au-delà des chiffres, la municipalité met en avant une réorganisation du fonctionnement de l’équipe. La baisse de la population ayant entraîné la suppression d’un poste d’adjoint, trois conseillers délégués ont été nommés afin d’assurer le suivi de dossiers spécifiques, notamment le cadre de vie ou la vie associative.

Le maire insiste sur le fait que ces indemnités – 720 euros nets pour un adjoint et 400 euros nets pour un conseiller délégué – correspondent à l’engagement quotidien des élus. La majorité affirme ainsi vouloir renforcer la présence sur le terrain et instaurer une organisation plus opérationnelle au service des habitants.

Malgré ces explications, le débat autour du coût et du rôle des élus municipaux témoigne d’un climat politique déjà tendu au sein du nouveau conseil municipal.