Bien avant la construction du château médiéval, le pic d’Oliferne constituait déjà un point stratégique pour observer et contrôler le territoire. Du haut de ses falaises dominant la vallée de l’Ain et celle de la Valouse, il offre un panorama exceptionnel sur les reliefs de la Petite Montagne. Cette position dominante en faisait un lieu idéal pour surveiller les voies naturelles de circulation reliant les plateaux jurassiens aux plaines environnantes.
Les historiens estiment que le site a probablement été fréquenté dès les périodes anciennes. Les peuples celtes, notamment les Séquanes qui occupaient la région avant la conquête romaine, utilisaient souvent les hauteurs pour surveiller les déplacements et protéger leurs territoires. À l’époque gallo-romaine, la vallée de l’Ain devient un axe important pour les échanges commerciaux et les déplacements militaires. Certains spécialistes évoquent ainsi la présence possible d’un poste d’observation ou d’une tour de guet sur le pic d’Oliferne afin de surveiller cette vallée stratégique.
Au XIIIᵉ siècle, la naissance d’une forteresse
C’est au début du XIIIᵉ siècle que le site prend véritablement une dimension militaire. Vers 1230, la puissante famille de Chalon fait construire une forteresse au sommet du pic afin de contrôler les voies de passage entre la vallée de l’Ain et la Petite Montagne. À cette époque, la Franche-Comté est un territoire convoité où les seigneurs cherchent à affirmer leur autorité et à protéger leurs domaines.
Le château d’Oliferne est alors conçu comme une place forte défensive. Il comprend une enceinte fortifiée, plusieurs tours de guet, un logis seigneurial et des citernes destinées à assurer l’approvisionnement en eau en cas de siège. La topographie du site constitue un atout majeur : les pentes abruptes et les falaises rendent l’accès difficile, renforçant considérablement la défense du château.
Grâce à cette implantation spectaculaire, Oliferne acquiert la réputation d’une forteresse difficile à prendre. Pendant plusieurs décennies, le château participe à la surveillance et à la protection du territoire comtois.
Un château marqué par les conflits
Comme de nombreuses places fortes de Franche-Comté, le château d’Oliferne connaît toutefois les troubles de l’époque médiévale. En 1361, il est pris par Thiébaud de Chauffour, chef de routiers. Ces bandes de mercenaires parcourent alors la région et s’emparent de plusieurs forteresses, pillant parfois les territoires qu’elles occupent.
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Au XVIᵉ siècle, la situation politique se tend à nouveau. La Franche-Comté est alors sous domination espagnole et devient un enjeu stratégique dans les rivalités entre la France et l’Espagne. En 1592, lors des campagnes militaires menées par les troupes du roi Henri IV, le château d’Oliferne est détruit. Comme de nombreuses forteresses comtoises, il ne sera jamais reconstruit.
Au fil des siècles, le château tombe progressivement en ruine. Pourtant, le site conserve aujourd’hui de nombreux vestiges qui témoignent de son importance passée. Des pans de murs, des restes de tours et d’anciennes citernes sont encore visibles sur le sommet du pic.
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Aujourd’hui, le site attire randonneurs et passionnés d’histoire. Accessible par plusieurs sentiers balisés depuis Vescles ou la vallée de l’Ain, le pic d’Oliferne offre une balade spectaculaire au cœur des paysages jurassiens. Au sommet, les visiteurs découvrent un panorama remarquable sur la Petite Montagne et la vallée de l’Ain.
Entre patrimoine historique, nature préservée et légendes locales, le château d’Oliferne demeure l’un des sites emblématiques du Jura. Les ruines de cette ancienne forteresse continuent de veiller sur la vallée, rappelant que ces hauteurs ont longtemps joué un rôle stratégique dans l’histoire de la région.


































