« Tout est parti d’une intuition, d’une interrogation scientifique », explique le directeur David Taint. Avec toute son équipe, dont l’ingénieur Thierry Courbet, il travaille sur cette machine depuis 2021, avec plus de 300 000 euros dépensés en recherche et développement. « On a voulu mettre en interaction un système de vibration et une charge de céramique, qui est exfoliante, draine et fait circuler le sang », indique David Taint.
Dans des locaux de Morez, puis, depuis un an et demi, à Saint-Claude, la machine est pensée et perfectionnée, avant d’arriver sur le marché en fin d’année 2025. « Utiliser ce système dans le domaine du soin, c’est totalement inédit, c’est pour ça qu’on a bénéficié du crédit impôt recherche », renseigne le directeur, devenu ingénieur autodidacte.

Une machine aux 24 heures du Mans
La machine, nommée Hexakerm, est comme un grand récipient vide à l’intérieur, qu’on remplit de charge céramique et de solution hydroactive, avant de le mettre en mouvement. « Il y a deux types de charges : des cylindriques pour masser en surface et des pyramidales qui agissent en profondeur. On y ajoute 250 ml d’eau tiède et 10 pompes de notre solution », renseigne la chargée de communication Léa Jeantet. Une lampe à UV est intégrée, afin de désinfecter la machine entre deux soins. « Nous vendons dans les deux branches, particuliers et professionnels. Pour les pros, nos principaux clients sont dans la région : instituts de beauté, centres de bien-être ou même onglerie », indique Léa Jeantet.

Mais les bienfaits de la machine ne se limitent pas seulement à l’esthétique : en travaillant en recherche, les équipes de David Taint ont fait une découverte. « Au départ, l’objectif n’était pas médical, mais on s’est aperçus que les douleurs liées au canal carpien diminuaient après une séance. La vibration permet de libérer le flux sanguin jusqu’aux extrémités », explique le directeur. Au-delà de rendre les mains plus douces, ces vertus supplémentaires ont permis à Hexakerm de s’extraire du seul milieu de la cosmétique. « Une machine est partie aux 24 heures du Mans, pour la récupération active des pilotes qui sont toujours en tension. Elle peut également être utile aux cyclistes ». « Ou même aux pianistes, aux violoncellistes », note Léa Jeantet.
Quatre salariés pour une innovation internationale
La machine, entièrement Made in France, est construite dans la région lyonnaise, pour la partie thermoformage, et directement dans l’atelier A2D, à Saint-Claude, pour tout le reste. Au prix de 1 500 euros TTC, elle a déjà été présentée dans de nombreuses foires avant sa commercialisation, avec un taux de satisfaction autour des 90 %. « Les tests sont concluants, car, même si on ne ressent pas la meilleure circulation du sang, on ressent au moins la douceur des mains », explique David Taint. Avec quatre salariés, l’innovation haut-jurassienne est prête à s’attaquer au monde du cosmétique national.
























