
Pourquoi la Mutualité Française a-t-elle choisi de développer un centre de santé à Dole ?
Notre objectif n’est pas de spécialiser davantage Lons-le-Saunier, Dole ou un futur centre. Nous partons avant tout d’un diagnostic du territoire pour répondre aux besoins de la population. Aujourd’hui, la médecine générale est essentielle, mais il existe aussi un manque de spécialistes. Dès qu’un professionnel de santé frappe à notre porte, nous essayons d’apporter une réponse, notamment dans les spécialités qui font défaut.
Cherchiez-vous à créer un centre spécialisé ou une offre de soins la plus large possible ?
Nous voulons répondre aux problématiques générales de santé. Il n’y a aucune volonté de concentrer une spécialité sur un site plutôt qu’un autre. Si demain une dermatologue souhaite nous rejoindre, alors qu’il n’y en a plus sur le secteur de Dole, nous saisirons cette opportunité. Nous adaptons notre offre aux besoins du territoire.
La campagne de recrutement lancée ces derniers mois, avec le “Dolafon” a-t-elle porté ses fruits ?
Elle a surtout permis de faire connaître le projet. Dire qu’elle a généré beaucoup de recrutements serait exagéré, mais cette communication était indispensable. Aujourd’hui, nous utilisons tous les leviers : les réseaux sociaux, les réseaux professionnels, les cabinets spécialisés et notre propre cellule de recrutement. Nous avons aussi bénéficié de la cooptation de médecins déjà installés, notamment à Lons-le-Saunier.
Pourquoi les jeunes médecins semblent-ils davantage attirés par ce modèle ?
Aujourd’hui, il existe un véritable souhait de travailler sur un plateau médical, dans une médecine coordonnée et pluridisciplinaire. Le salariat est également un élément important. Les deux médecins juniors qui arriveront en novembre nous ont déjà indiqué que leur ambition était de poursuivre ensuite comme salariés. À Lons-le-Saunier, nous avons aussi constaté que les professionnels déjà en poste faisaient venir d’autres confrères. Le bouche-à-oreille reste le meilleur outil de recrutement.
En quoi ce nouveau centre constitue-t-il un atout pour le territoire ?
L’atout est avant tout pour la population. Notre objectif n’est pas de gagner de l’argent avec ce centre. Si nous arrivons simplement à équilibrer son fonctionnement, ce sera déjà une réussite. En revanche, cela renforce la reconnaissance de la Mutualité française comme un acteur engagé dans l’accès aux soins. Nous sommes présents dans la santé, le médico-social et les services, avec des emplois non délocalisables et un engagement dans la durée.
Ce centre peut-il contribuer à lutter contre les déserts médicaux ?
Oui, car il répond à une véritable problématique du territoire. La densité médicale est inférieure à la moyenne nationale et un quartier comme les Mesnils-Pasteur va perdre son dernier médecin. En nous installant ici, nous répondons aux besoins des habitants de Dole, mais aussi de tout le Grand Dole et même au-delà. Aujourd’hui, les patients sont prêts à parcourir plusieurs kilomètres pour trouver un médecin traitant, surtout lorsque les délais sont raisonnables et qu’il n’y a pas de dépassement d’honoraires.
L’ouverture officielle du centre marque-t-elle une nouvelle étape ?
Oui, parce que beaucoup de professionnels attendent que le projet soit concrètement lancé avant de s’y intéresser. Maintenant que le centre est ouvert, nous pensons que cela va favoriser de nouveaux recrutements. Ensuite, ce seront les professionnels eux-mêmes qui parleront du fonctionnement du centre. C’est souvent la meilleure publicité.






















