L’invité de la semaine. Jérôme Durain, président de la région Bourgogne Franche-Comté

Élu à la présidence de la Région Bourgogne-Franche-Comté en septembre 2025, Jérôme Durain était l’invité de la Fédération régionale des radios associatives. Il revient sur plusieurs dossiers touchant directement le Jura : Ligne des Hirondelles, gare de Mouchard, lycées, santé ou encore gestion de l’eau.

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Le président de Région défend le maintien de la Ligne des Hirondelles, tout en appelant l’État à participer davantage à son financement. Crédit photo : RCF Jura

Vous évoquez régulièrement la nécessité de renforcer l’attractivité régionale. Le Jura a-t-il toute sa place dans cette ambition ?

Bien sûr. Je crois que nous ne mettons pas assez en avant nos réussites. Quand on regarde la Bourgogne-Franche-Comté, on voit des entreprises innovantes, des acteurs culturels dynamiques, une gastronomie reconnue et des sportifs de haut niveau. Je pense notamment aux athlètes issus du massif du Jura qui ont brillé lors des Jeux olympiques. Nous avons beaucoup d’atouts et nous devons davantage les valoriser pour attirer de nouveaux habitants et renforcer notre attractivité.

Vous avez récemment pris position en faveur de la Ligne des Hirondelles. Pourquoi ce dossier est-il si important ?

Parce que les mobilités sont au cœur de l’aménagement du territoire. Une ligne ferroviaire, c’est la possibilité d’aller travailler, étudier ou accéder à des services. Concernant la Ligne des Hirondelles, nous avons choisi de gagner du temps en mobilisant des financements régionaux. Mais soyons clairs : si l’État ne vient pas nous accompagner, nous ne pourrons pas assumer seuls les investissements nécessaires sur le long terme.

La gare de Mouchard est souvent citée comme exemple d’innovation. Peut-elle servir de modèle ?

Oui. Ce qui est réalisé à Mouchard montre ce qu’il est possible de faire en matière de transition énergétique. Cette gare constitue un démonstrateur intéressant. Mais les besoins sont nombreux : il faut investir à la fois dans les infrastructures, dans les gares et dans le matériel roulant. La transition passera par un effort global sur l’ensemble du réseau.

Dans le Jura comme ailleurs, les difficultés d’accès aux soins demeurent fortes. Que peut faire la Région ?

La santé est d’abord une compétence nationale, mais nous essayons d’agir partout où cela est possible. Nous soutenons les maisons de santé pluridisciplinaires, l’accueil des étudiants en médecine dans les territoires ruraux ou encore certaines expérimentations. Dans le Jura, comme dans d’autres départements, nous accompagnons aussi des solutions mobiles, notamment des bus de santé. Il n’existe malheureusement pas de réponse unique. Il faut combiner plusieurs outils en attendant l’arrivée de davantage de professionnels.

Le lycée Hyacinthe-Friant de Poligny a récemment bénéficié d’importants travaux. Pourquoi cet effort sur les établissements scolaires ?

Parce que la rénovation énergétique est une priorité absolue. Chaque euro investi dans les lycées améliore le confort des élèves et réduit les consommations énergétiques. À Poligny, comme ailleurs, ces travaux répondent à cet objectif. Nous gérons un patrimoine considérable avec 128 lycées et plus de 1 400 bâtiments. Nous devons poursuivre cet effort, car nous ne sommes pas encore au niveau nécessaire en matière de rénovation énergétique.

Le Jura a été marqué ces dernières années par plusieurs épisodes de sécheresse et des incendies de forêt. La question de l’eau devient-elle centrale ?

Oui, clairement. La Bourgogne-Franche-Comté est particulièrement exposée aux tensions liées à la ressource en eau. Nous constatons moins un problème de quantité globale qu’un problème de régularité des précipitations. Cela crée des conflits d’usage entre particuliers, agriculteurs et autres activités économiques. La feuille de route adoptée par la Région vise justement à mieux préparer ces périodes plus sèches tout en préservant les différents usages.

Les incendies observés autour du lac de Vouglans ont-ils changé votre perception du changement climatique ?

Ils illustrent surtout que ces phénomènes sont désormais devant nous. Les conséquences du réchauffement climatique se manifestent déjà dans de nombreux domaines. Nous allons devoir nous adapter en permanence, car ces épisodes risquent de devenir plus fréquents. C’est pourquoi la transition écologique doit rester une priorité absolue pour les années à venir.

Interview réalisée en collaboration avec RCF Notre-Dame Jura.