Comme les Rois mages…

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Éditorial

C’est en allant interviewer Rudolph, que tout a commencé.
Ses propos faisaient écho à mes perceptions. Ils se répétaient en boucle à ma conscience.
« Retrouvez juste un instant votre âme d’enfant et dites-vous que c’est simplement un pouvoir du Père Noël, de pouvoir arrêter le temps pendant quelques heures et de donner du bonheur ».
A l’issue de notre échange fort instructif (à lire dans l’invité de la semaine), je profitais de me trouver dans l’antre du Père Noël, pour griffonner rapidement une dizaine de lignes et déposer cette page de mon carnet de notes dans la panière du courrier, où lutins, gnomes et farfadets classaient les lettres affluant du monde entier.
Dessus, j’avais écrit :
« Cher Père Noël,
J’ai tout essayé, exploré toutes les voies possibles et imaginables, mais rien n’y fait.
Il ne me reste plus que toi à qui m’en remettre, afin que l’exercice 2023 (et les suivants) soi(en)t meilleur(s), et nous permette(nt) rapidement d’évacuer les résidus traumatiques des trois dernières années que nous venons de subir. En plus de tout le reste…
Mais surtout, cher Père Noël, c’est la lumière que l’on aimerait tant voir revenir.
Pas seulement celle du jour, qui naturellement, reprendra ampleur et vivacité à partir du 21 décembre, puis au fil des semaines à venir. Mais avant tout celle des cœurs, des âmes et de l’esprit.
Par exemple, que s’estompent les clivages idéologiques, les déchirements sociétaux, ce climat haineux, pesant, anxiogène allant parfois jusqu’à nourrir des conflits armés.
Que puissent rejaillir l’exaltation, l’insouciance, l’enthousiasme…
Que nous retrouvions la justesse, la concorde, l’harmonie.
Qu’avant de juger l’autre et de céder à la vindicte, chacun assimile, intègre et cultive que l’on ne perçoit du monde que ce que l’on peut en observer, depuis la place que l’on occupe…
Je sais que cette missive te parviendra, et qu’elle trouvera sûrement écho à ta sensibilité, toi qui œuvres aussi pour la joie, les sourires, l’émerveillement. Tandis que nos vies d’adultes encombrantes et étriquées par des contraintes grandissantes, ont pris le pas sur la candeur de notre enfance. Je compte sur toi pour nous aider ».
Avant que je ne puisse terminer en ajoutant une formule de politesse, Rudolph m’interrompit.
« Ben alors vous n’êtes pas encore parti ? Pas besoin de conclusion à votre missive !
Nous savons parfaitement ce que vous souhaitez. Et nous savons exactement comment agir pour cela ».
Enfin, le renne ajouta :
« Il suffit presque toujours d’un peu d’honnêteté, de bon sens et de courage pour remédier à bien des problèmes. Allez, bonne route à vous ».
Sur le chemin du retour, les éléments s’imposaient d’eux-mêmes. J’avais l’impression que mes pensées retrouvaient leur place. Qu’une sorte de second souffle existentiel se profilait.
Grâce à Rudolph, un nouveau cap venait d’être franchi.
Assurément, ce Noël ne serait plus comme tous les autres…