Le 3 février dernier, Michel Falconnet a soufflé ses cent bougies, entouré de sa famille et de ses proches. À ses côtés se trouvait son arrière-petit-fils Arthur, né le même jour que lui, mais 93 ans plus tard – un symbole fort pour célébrer cet anniversaire exceptionnel.
Né en 1926, dans l’entre-deux-guerres, il a grandi dans l’unique maison existant alors rue de la Vierge à Dampierre. Avec son épouse Jeannine, il vient de célébrer 77 années de mariage – leurs noces de silice. Ensemble, ils ont fondé une grande famille : six enfants, dix-sept petits-enfants, trente-deux arrière-petits-enfants et sept arrière-arrière-petits-enfants. Un parcours de vie remarquable dont leurs descendants peuvent être fiers.
Un engagement au service de la commune
Michel Falconnet a mené une carrière professionnelle variée, qu’il terminera comme taxi indépendant. Mais c’est surtout par son investissement au service de Dampierre qu’il a marqué durablement les esprits.
Il a consacré près de cinquante ans à sa commune et à ses administrés, dont trente années en tant que maire, fonction pour laquelle il est aujourd’hui maire honoraire. Au fil des mandats, il a également présidé le Syndicat intercommunal à vocation multiple et celui à vocation unique, l’Association foncière, et occupé les fonctions de vice-président du Syndicat mixte d’eau potable (SMEP), de la Communauté de communes Jura Nord et du Syndicat intercommunal d’assainissement des Roches (SIAR).
Sous son impulsion ont vu le jour de nombreux équipements structurants : le collège Gustave-Eiffel de Fraisans, la caserne des pompiers d’Orchamps, la déchetterie de Dampierre, la station d’épuration de Ranchot, mais aussi le foyer-logement, la salle polyvalente, la mairie, le groupe scolaire « Louis Pasteur » et l’école maternelle. L’aménagement de cinq lotissements a permis de doubler la population, atteignant environ 1 050 habitants en 2001.
Toujours animé par le sens du service, il fut également sapeur-pompier de 1947 à 1960, puis chef de corps jusqu’en 1971. En juin dernier, l’Espace intergénérationnel portant son nom a été inauguré, concrétisant son souhait de préserver un espace de verdure devenu aujourd’hui lieu de rencontre et de détente.
Le courage d’un réfractaire
En 1944, à 18 ans, Michel Falconnet passe une visite médicale à Dole devant un médecin militaire allemand. Affecté dans une mine de sel à Kassel, en Allemagne, il décide de ne pas partir. Ce refus du Service du travail obligatoire l’expose à la peur, aux incertitudes et aux risques, pour lui comme pour sa famille et ceux qui l’aideront durant plusieurs mois de cavale.
Son courage a été reconnu par de nombreuses distinctions : fait chevalier de la Légion d’honneur par décret du 8 novembre 2024, décoré de la médaille du Réfractaire, porte-drapeau de l’Association des Réfractaires et Maquisards de France pendant plus de dix ans, et titulaire de la médaille d’Honneur régionale, départementale et communale – échelon Or, pour 35 années de services.























