Économie. L’apprentissage, un levier encore sous-exploité pour les entreprises locales

Face aux tensions de recrutement, l’apprentissage s’impose comme une solution concrète dans le Jura. À l’EMC de Lons-le-Saunier, une vingtaine de places restent ouvertes tandis qu’une vingtaine d’entreprises recherchent déjà leurs futurs alternants. L’école appelle candidats et employeurs à se mobiliser.

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Avec des promotions d’une quinzaine d’étudiants, l’EMC mise sur un suivi individualisé pour sécuriser les parcours et favoriser une insertion rapide dans les métiers du commerce.

À l’heure où les difficultés de recrutement persistent, l’apprentissage s’impose comme une solution concrète pour les entreprises du territoire. À l’EMC de Lons-le-Saunier, la dynamique est bien engagée, mais reste encore en deçà du potentiel. L’établissement lance un appel clair, à la fois aux jeunes et aux employeurs.

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D’un côté, l’école recrute ses futurs apprentis. De l’autre, elle accompagne les entreprises dans leur recherche de profils. « Quand on dit recrutement apprenti, on a les apprentis à recruter pour intégrer nos formations, mais aussi la proposition à faire à nos entreprises de recruter nos apprentis », explique Virginie Guitraud, directrice enseignement supérieur.

Dans les faits, la rentrée prochaine s’annonce dynamique. Une cinquantaine d’apprentis sont en formation et des places restent à pourvoir. « Moi, j’en prends tant qu’il y en a. Le recrutement est toujours en cours, et ce jusqu’à septembre », insiste-t-elle. L’apprentissage offre en effet une souplesse, avec des inscriptions possibles après la rentrée.

Un dispositif gagnant pour les entreprises

En parallèle, les besoins sont identifiés. Environ 25 entreprises ont exprimé leur intention de recruter, et c’est sans compter les entreprises qui pourraient poster des annonces. « On devrait donc pouvoir accueillir au moins 25 personnes », précise la directrice. Certaines intègrent plusieurs apprentis pour accompagner leur activité.

L’intérêt est concret. « On rend service à l’entreprise avec cet apprenti pour lui faire gagner du temps ». Dans un contexte de tension, l’alternance devient une réponse pragmatique. L’apprenti appuie le développement tout en se formant.

Les aides financières restent un levier, malgré une baisse. « Elles diminuent, mais elles sont encore là ». Jusqu’à 4 500 euros peuvent être mobilisés pour un Bac+2. « Beaucoup pensent qu’il n’y a plus d’aide alors qu’il en reste ».

Un modèle de proximité à consolider

L’EMC mise sur un accompagnement individualisé. « À 15, on les connaît par cœur ». L’objectif est de sécuriser les parcours et favoriser l’insertion.

Les résultats suivent. Le Bac+2 affiche 100 % de réussite et d’insertion. « C’est difficilement battable ». Les Bachelors oscillent, quant à eux, entre poursuite d’études et emploi.

Reste un enjeu : attirer davantage de jeunes. « On a du mal à les faire venir », admet Virginie Guitraud. Pourtant, les atouts existent. « L’école est gratuite pour eux et nous sommes à proximité de chez eux, de leurs habitudes. » Le message est clair : « On a des places, des entreprises et des apprentis ».