
Le projet des Molavaux prévoit l’implantation de six éoliennes au maximum dans la forêt de Poligny, à environ 500 mètres du parc éolien de Chamole.
Pour Dominique Bonnet, maire de Poligny, le projet revêt une dimension collective puisqu’il réunit 14 communes autour d’un même site d’implantation. « Au-delà de l’enjeu de production énergétique », l’édile insiste sur la volonté de « relocaliser les bénéfices économiques ». Selon lui, « les recettes resteront sur le territoire ». Les communes adhérentes bénéficieraient d’une participation sur les loyers, tandis que les taxes resteraient acquises à la commune d’implantation, conformément à la législation.
Face au réchauffement climatique, Dominique Bonnet défend plus largement un mix énergétique associant éolien, hydroélectricité, photovoltaïque et nucléaire. Il estime que l’augmentation des capacités nucléaires nécessiterait encore 15 à 20 ans.
La forêt au cœur des inquiétudes
Du côté des opposants, réunis au sein de l’association APPEL Cœur du Jura, les inquiétudes portent d’abord sur le défrichement. Le projet nécessiterait 5,5 hectares de défrichement pour une emprise nette de 3 hectares. « La forêt est le meilleur agent pour réguler le climat », défend François Camuset.
L’association pointe également l’artificialisation des sols, les conséquences potentielles sur la faune et les dimensions des futures installations, avec des éoliennes annoncées environ 50 mètres plus hautes que celles de Chamole.
APPEL conteste par ailleurs l’efficacité économique et énergétique de l’éolien, évoquant son caractère intermittent et des machines fonctionnant, selon elle, environ 25 % du temps. Elle s’interroge aussi sur les mécanismes de soutien à la filière et réclame davantage de transparence concernant les retombées financières du parc de Chamole.
Le dialogue reste ouvert
Le 10 juillet, malgré la distribution de tracts par les opposants, le conseil municipal de Poligny a validé la signature d’un bail emphytéotique de 32,5 ans avec la société d’économie mixte ENR Citoyenne. Cette décision ne signifie toutefois pas que les éoliennes seront nécessairement construites.
« Quelques années sont nécessaires pour finaliser les études environnementales, déposer et obtenir un permis de construire pour passer à la signature de la location », précise Dominique Bonnet. Le maire se dit également disposé à poursuivre les échanges : « Aujourd’hui, celui qui me donnera la meilleure solution pour produire l’électricité, je la prendrai. […] Si l’association veut me rencontrer une nouvelle fois, je ne suis pas contre. »
Le débat est donc loin d’être clos. Alors que les études doivent encore préciser la faisabilité du projet, APPEL Cœur du Jura prépare de son côté une lettre thématique consacrée aux enjeux locaux du dossier.























