
Le No Logo a beaucoup fait parler ces derniers mois avec ce changement de site. Trouver un nouveau lieu a-t-il été compliqué ?
Oui, très compliqué. Après l’édition 2025 à Fraisans, on savait qu’on ne pourrait pas continuer là-bas. On avait travaillé pendant plusieurs mois sur un projet à Ornans, avec les collectivités, les élus, les agriculteurs… Et puis, au dernier moment, tout s’est arrêté lorsqu’un agriculteur a refusé de signer le contrat de location. Ça a été un choc parce qu’on pensait vraiment pouvoir y organiser le festival.
Comment avez-vous réagi après cet échec ?
On a pris le temps d’encaisser. Ensuite, énormément de communes nous ont contactés pour proposer des solutions. On a visité entre 30 et 40 lieux, mais beaucoup n’étaient que des champs sans âme particulière. Nous, on voulait retrouver un lieu avec du caractère, une vraie identité naturelle et patrimoniale.
Pourquoi avoir choisi Pont-sur-l’Ognon et le Domaine des Douze Ponts ?
Très vite, ce lieu s’est démarqué. Il y avait le cadre naturel, l’eau, la forêt, mais aussi une histoire. Le site a accueilli des forges, une scierie, une cuillerie, puis un ancien projet de parc d’attractions dans les années 1980. Et surtout, il y avait une vraie volonté locale de nous accompagner : les élus, les agriculteurs, les propriétaires privés… Tout le monde avait envie que ça fonctionne.
L’édition 2026 a affiché complet en moins de deux jours. Vous vous attendiez à un tel engouement ?
Pas du tout. Habituellement, on annonce déjà des artistes quand on ouvre la billetterie. Là, il n’y avait aucun nom. On pensait vendre entre 1 000 et 1 500 pass au départ. Finalement, presque 4 000 places sont parties dès le premier jour et le festival a été complet le lendemain. C’est une preuve de confiance incroyable de la part des festivaliers. Les gens nous ont suivis sans connaître la programmation, juste parce qu’ils croient au projet. Donc maintenant, on doit leur rendre cette confiance au centuple.
Pourquoi maintenir une édition en 2026 alors qu’il aurait été plus simple de faire une pause ?
Parce qu’on avait peur de casser le lien avec notre public. Économiquement, sauter une année aurait été plus confortable. Mais le No Logo, c’est une aventure humaine. Les festivaliers nous disaient déjà : “Comment on va passer nos vacances sans le No Logo ?” Alors on s’est dit qu’il fallait maintenir ce lien, même avec une formule réduite. C’est ainsi que nous nous sommes engagés jusqu’en 2037 avec le site.
Justement, que peut-on attendre de cette programmation 2026 ?
Il y aura deux scènes, avec une rotation entre les deux, environ 30 artistes sur les trois jours, avec du reggae roots, du dub, des groupes français et internationaux. Mais surtout, la programmation restera totalement secrète. Les festivaliers découvriront les artistes directement devant la scène, à la première note de musique.
Une programmation “à l’aveugle”, c’est un pari inédit ?
Oui, mais ça correspond bien à cette édition particulière. On voulait retrouver l’effet de surprise, l’émotion brute. Et malgré un budget plus réduit, il y aura de vraies têtes d’affiche et de belles surprises. Les gens nous ont fait confiance. Maintenant, c’est à nous de leur mettre des étoiles dans les yeux.






















