Dossier de la semaine. SuperMamans brise l’isolement du post-partum

Dans le Jura, l’association Supermaman met en lien des bénévoles et de jeunes mères pour les aider durant les premières semaines après une naissance.

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Dans le Jura, 84 bénévoles participent au réseau SuperMamans.

L’arrivée d’un enfant bouleverse tout. Les nuits raccourcissent, les journées s’étirent et les repères vacillent. C’est précisément dans ce moment de fragilité que l’association SuperMamans intervient. Créée en Suisse puis déployée en France en 2020, elle met en relation des “mamans cadeaux”, bénévoles, avec des “mamans bichonnées”, après une naissance.

Le principe est simple : pendant environ huit semaines, des bénévoles apportent ponctuellement des repas faits maison aux jeunes parents. « Si on peut enlever à une jeune maman la charge mentale d’un repas, c’est déjà précieux », explique Marie Cottret, une des deux coordinatrices jurassiennes. Les bénévoles restent ensuite échanger, écouter, et parfois tiennent simplement le bébé quelques minutes. « Elles sont heureuses d’être écoutées sans être jugées », poursuit-elle.

Car le post-partum reste une période souvent tue. « On nous prépare à être maman, mais pas forcément à tout ce qu’il y a autour », résume l’association. Les témoignages recueillis reviennent tous sur un sentiment de solitude. Même entourées, beaucoup de mères disent ne pas oser demander de l’aide. « Mais comme tout est cadré par l’association, il y a moins de culpabilité », confie Ingrid, mère de deux enfants.

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Des repas, mais surtout une présence

Trois mois après la naissance de son deuxième enfant, Ingrid termine tout juste son “bichonnage”. Son mari, intermittent du spectacle, s’absente régulièrement. Alors, quand elle découvre un flyer dans une salle d’attente, elle s’inscrit sans hésiter. « Je me suis rappelée du tsunami qu’avait été mon premier enfant », raconte-t-elle.

Les repas deviennent alors un soulagement concret. « Souvent, on fait des pâtes parce qu’on n’a pas le temps. Là, quelqu’un arrive avec un repas équilibré et prend aussi un temps d’échange », sourit-elle. Une bénévole lui dépose même un plat devant sa porte après plusieurs rendez-vous annulés à cause des enfants malades. « J’en ai eu les larmes aux yeux quand une dame est arrivée avec ses lasagnes », confie Ingrid. « Elle avait pris du temps pour moi. »

Au fil des semaines, certaines relations dépassent le simple cadre associatif. « Avec une maman, on a gardé le contact. On échange souvent », explique encore Ingrid. Claire, mère de trois enfants, évoque elle aussi « des échanges très naturels. Ce n’était pas qu’un repas mais c’était du soin », résume-t-elle.

Une solidarité qui donne envie de transmettre

Ce qui frappe surtout les bénéficiaires, c’est l’envie presque immédiate de rendre à leur tour ce qu’elles ont reçu. Ingrid y pense depuis sa première visite. « Quand on n’est plus dans cette période-là, préparer un repas en plus, ce n’est pas grand-chose. Mais pour une jeune maman, ça change tout », insiste-t-elle. Même constat pour Claire et son compagnon, déjà prêts à devenir “maman cadeau” et “papa cadeau”.

À l’approche de la fête des mères, SuperMamans espère surtout rappeler une idée simple : parfois, le plus beau cadeau n’est pas un objet, mais quelques heures de répit et une oreille attentive.