L’invité de la semaine. Clément Pernot, sénateur du Jura : « Le Sénat reste un socle de stabilité dans le désordre politique actuel »

Le sénateur du Jura Clément Pernot revient sur le rôle du Sénat, son action parlementaire et les enjeux pour le territoire jurassien. Entre production législative, attentes locales et contexte politique national incertain, il défend une institution qu’il considère comme un facteur d’équilibre.

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En période post-municipales, Clément Pernot n'a pas manqué de saluer l'ensemble des nouveaux maires élus.

Quel est concrètement le rôle d’un sénateur ?

Le sénateur est d’abord un législateur : il fait et vote la loi. Le travail ne se limite pas à l’hémicycle. Il y a aussi un important travail en commission où les textes sont étudiés, amendés et débattus. Pour ma part, je siège à la commission de l’aménagement du territoire et du développement durable.
À cela s’ajoutent des groupes de travail et des délégations, comme la délégation sénatoriale aux entreprises. Et puis il y a le travail de terrain : échanger avec les maires, porter des dossiers à Paris ou intervenir pour débloquer certaines situations locales.

Comment se déroule une semaine type au Sénat ?

Après un début de semaine consacré aux rendez-vous jurassiens, je monte généralement à
Paris le lundi soir. Le mardi, la journée commence par une réunion de groupe où les
orientations politiques liées aux projets législatifs sont débattues. Puis nous gagnons
l’hémicycle pour voter les propositions de lois. Le mercredi matin est consacré aux
commissions, puis on repart en séance l’après-midi avec notamment les questions au
gouvernement. Le jeudi est occupé par les groupes de travail thématiques. C’est un rythme
particulièrement soutenu. Ensuite, je reviens sur le territoire pour rencontrer les élus et les
acteurs locaux.

Quel regard portez-vous sur les élections municipales dans le Jura ?

Je reste très critique sur la réforme du mode de scrutin pour les communes de moins de 1
000 habitants. Elle a privé les électeurs d’une part de liberté de choix et les candidats de la
possibilité de se présenter individuellement. Malgré cela, les Jurassiens se sont mobilisés
pour voter. Je crois qu’ils ont voulu montrer leur attachement à la commune et à la fonction
de maire. Je salue la victoire électorale de Cyrille Bréro à Lons-le-Saunier et la grande
confiance manifestée par les électeurs dolois et champagnolais à Jean-Baptiste Gagnoux et
à Guy Saillard. Je félicite tous les maires nouvellement élus et renouvelés. Je me tiens bien
évidemment à leur entière disposition.

Quelles ont été les grandes lignes de votre action au Sénat en 2025 ?

L’année a été marquée par un contexte politique national très instable qui a perturbé le
travail parlementaire, notamment sur les questions budgétaires.
Dans ce désordre, le Sénat joue un rôle de stabilité. Nous avons travaillé sur plusieurs
textes importants : l’agriculture, la lutte contre le narcotrafic, les problématiques foncières, le statut de l’élu et la protection des maires ou encore l’eau et l’assainissement. Des textes généraux mais également techniques pour donner de la liberté aux maires et aux élus locaux.

Certaines lois ont-elles eu un impact direct dans le Jura ?

Bien évidemment, toutes les lois ont un impact pour le territoire jurassien. Ce fut le cas
notamment des textes liés à la lutte contre le narcotrafic avec les interventions à Dole, ou
ceux concernant l’eau et l’assainissement. D’autres sujets, comme la question des gens du
voyage
, m’ont également largement mobilisé avec l’objet d’apporter des réponses aux
maires concernés.

Quelles sont aujourd’hui les principales attentes des Jurassiens ?

Les mobilités sont un enjeu majeur. Il faut avancer sur les infrastructures, notamment l’axe
Poligny-Vallorbe, les dessertes ferroviaires, pérenniser et conforter le pôle de Mouchard et
favoriser le retour du TGV à Lons-le-Saunier. La santé est également une priorité : il faut maintenir une présence de médecins et renforcer les soins de suite dans les hôpitaux de proximité. Enfin, il faut préserver et renforcer notre tissu industriel, notre artisanat, notre agriculture et développer le tourisme, qui sont des forces pour le département.

Dans quel état d’esprit abordez-vous les prochaines années politiques ?

Nous entrons dans une période d’incertitude à l’approche de 2027. Notre pays a besoin
d’ordre et de stabilité avec une majorité capable de gouverner. J’œuvrerai sans relâche
dans le Jura comme à Paris pour que la France ne souffre plus d’une Assemblée Nationale
sans destin. C’est la condition pour que, dans ce monde chaotique, la France survive.