Oyonnax. Promesse de campagne de Laurent Harmel, la cantine à deux euros entrera en vigueur en septembre

Au conseil municipal d'Oyonnax, mardi 30 juin, les tarifs de restauration scolaire à deux euros pour les écoles maternelles et élémentaires de la Ville ont été adoptés. Une grande satisfaction pour l'équipe de Laurent Harmel, qui a travaillé pour une mise en œuvre dès la première rentrée.

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Laurent Harmel a fait adopter la cantine à deux euros au conseil municipal d'Oyonnax du 30 juin.

« Ce soir, je suis très fier de voir cette proposition devenir mesure concrète », a lancé Laurent Harmel, au moment d’adopter la délibération concernant les tarifs de restauration scolaire mardi 30 juin. Le maire d’Oyonnax, qui avait construit sa campagne autour de cette mesure phare, est revenu sur les enjeux auxquels répond la cantine à deux euros : « 2,9 millions d’enfants en France vivent sous le seuil de pauvreté, soit un sur cinq. Certains sont obligés de sauter des repas. À Oyonnax, il n’existe pas de chiffres publics, mais les retours de terrains ont prouvé la nécessité. Un repas pour tous, c’est le principe même de l’égalité des chances à l’œuvre ».

Pour mettre en place le nouveau tarif dès la première rentrée, les services de la Ville ont travaillé à une mutualisation et plusieurs économies d’échelles, autour de Caroline Mathon, adjointe à l’enfance et aux actions éducative. Cette mesure entrera en vigueur quasiment sans distinction de revenu, puisque les deux tarifs modulés sont d’1,95 euro pour les quotients familiaux inférieurs à 450 et de 2 euros pour ceux supérieurs. Aussi, afin de faire bénéficier un maximum d’enfants oyonnaxiens, inscrits dans le public comme dans le privé, une convention de partenariat a été signée avec l’Institut Saint-Joseph. Concernant les enfants de familles extérieures à Oyonnax, hors dispositif inclusif, de nouveaux tarifs ont également été créés : 4,30 euros pour les quotients familiaux inférieurs à 450 et 5,70 euros pour ceux supérieurs.

Un flux supplémentaire de 20 à 30 %

L’opposition à Laurent Harmel n’a pas voté contre mais s’est abstenue, pour des raisons différentes. Pour Loïc Monnier, la mesure n’est pas assez ambitieuse. « C’est une position de réserve sur les modalités, tout en partageant l’objectif. Notre ambition allait beaucoup plus loin : le projet de ferme municipale visait à créer une véritable régie alimentaire 100 % municipale. Cette organisation aurait permis de mieux maîtriser les coûts et de privilégier les circuits encore plus courts ». Du côté de Julien Martinez, certaines réserves sont avancées, sans toutefois acter une position hostile. « On demande à voir. On a quelques réserves sur les conséquences financières, il pourrait y avoir 150 à 200 repas en plus, par rapport aux 600 repas servis actuellement ».

Laurent Harmel a remercié son opposant de « se réserver le droit à la critique après un premier exercice », tout en essayant de rassurer sur l’augmentation du flux. « On pense effectivement que ça peut créer un appel d’air, mais on sait aussi que les effectifs sont en diminution du fait de la natalité. On pense que les deux effets vont se neutraliser. On a encore de la marge sur nos restaurants municipaux pour absorber un flux, qu’on estime à 20 ou 30 % en plus ». Enfin, Damien Abad, adjoint à l’attractivité et au dynamisme économique, a rappelé les économies que cette mesure va engendrer chez les ménages oyonnaxiens : « Cette délibération va changer la vie. C’est plus de 200 000 euros de pouvoir d’achat en plus pour une ville de 23 000 habitants. C’est une promesse tenue. Beaucoup de gens pendant la campagne nous ont dits : “vous ne pourrez jamais le mettre en place, ça coûtera trop cher, vous allez ruiner les finances”. Aujourd’hui, on la met en œuvre et dès la première rentrée ».