Jura. « On ne peut pas tout doper d’argent public » : la ministre Sabrina Roubache face aux craintes de la baisse des aides à l’apprentissage

En visite vendredi 5 juin au lycée Hyacinthe Friant à Poligny, à la CMA de Gevingey, et au lycée Victor Bérard à Morez, la ministre déléguée chargée de l'Enseignement professionnel, Sabrina Roubache, est revenue sur la baisse des aides à l'apprentissage et les dispositifs d'insertion professionnelle dans les établissements.

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L'hôtellerie-restauration a été mise en avant lors de la visite, entre le lycée Friant et le CMA de Gevingey.

En fonction depuis le 26 février dernier, Sabrina Roubache a dû rapidement travailler sur un dossier qui a crispé quelques entreprises : la baisse des aides à l’apprentissage, entrée en vigueur le 8 mars, après son vote dans le projet de loi de financement. Une problématique abordée par Patrick Franchini, président de l’UMIH (Union des métiers et des industries de l’hôtellerie) du Jura, lors de la visite de la ministre déléguée chargée de l’Enseignement professionnel, au lycée Hyacinthe Friant : « La profession est très inquiète face aux coups de rabot sur les CFA (Centre de formation d’apprentis), avec quatre fois moins d’aides, face à la baisse des aides à l’apprentissage et la suppression de l’aide au permis de conduire pour les jeunes ».

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Nouvelles infrastructures et bâtiments, vue extérieure à Poligny
Sabrina Roubache a visité les locaux du lycée Hyacinthe Friant, en très bon état grâce à des investissements publics depuis des dizaines d’années.

9,42 milliards d’euros d’argent public par an

Face à ces craintes, la ministre a d’abord rappelé l’action de l’État depuis plusieurs années pour propulser l’apprentissage : « On ne passe pas de 300 000 apprentis à 1 million comme ça (N.D.L.R : entre 2017 et 2025). C’est 9,42 milliards d’euros d’argent public chaque année ». Elle a également précisé que cette diminution des aides touchait surtout les grandes entreprises : « 80 % des apprentis sont dans les TPE-PME. Pour ces dernières, les crédits ont été quasiment maintenus, passant de 6 000 euros d’aide unique à 5 000 euros. En revanche, pour les entreprises de plus de 250 salariés, effectivement, il y a un coup de rabot, de 5 000 euros à 2 000 euros d’aide. C’est un parti-pris, j’estime que les entreprises qui font beaucoup de bénéfices n’ont pas besoin d’argent public. On ne peut pas tout doper d’argent public ».

Portrait de Vivien Sonzogni Grapiot, en extérieur
Vivien Sonzogni, de la Table du Grapiot, a rappelé que l’essentiel de ses apprentis étaient issus du lycée Friant.

La ministre a également indiqué que les crédits étaient maintenus pour les apprentis infrabac (diplômes inférieurs au baccalauréat, comme le CAP ou le BEP). Et, au lycée Friant, la question de l’insertion professionnelle de ces CAP est centrale. « 56 % trouvent du travail à l’horizon de six mois après la sortie (moyenne nationale à 58 %) », a affirmé la proviseure, Nathalie Pelligand. Un chiffre qui présente une marge de progression, renforcée par le nouveau dispositif “Avenir pro”, entré en vigueur à la rentrée 2025. « Ce sont des classes de Terminale qui peuvent bénéficier d’outils de France Travail. Il s’établit sur la base du volontariat, mais on a souhaité le cibler sur toute la classe de CAP. À la rentrée 2026, il sera complété par “Avenir pro +”, qui suit les élèves même après la sortie de l’établissement », a expliqué le référent du bureau des entreprises du lycée.

Voiture garée devant le CFA de Gevingey
Le CMA de Gevingey a mis en avant la diversité de ses parcours, entre CAP Boucherie ou Maintenance des véhicules.

« Aucune retenue à fermer ce qui ne marche pas »

Cette insertion professionnelle ne serait pas possible sans les CFA (Centre de formation d’apprentis), qui craignent une baisse de 100 millions d’euros de budget pour la Région, dans le cadre de France compétences. « Cette coupe va être accompagnée d’un travail sur les CFA défaillants, en lien avec la BPI (Banque Publique d’Investissement) locale. Je n’aurai aucune retenue à fermer ce qui ne marche pas, ce qui n’insère pas, ou ce qui est frauduleux », a précisé Sabrina Roubache

Un CFA qui ne rentre pas dans ces catégories est bien celui de Gevingey. Celui-ci a été visité en fin de matinée, mettant en avant la diversité de ses parcours, entre CAP Boucherie ou Maintenance des véhicules. Enfin, la visite s’est close dans l’après-midi par une excursion dans le Haut-Jura, où le lycée Victor Bérard, à Morez, a présenté une autre fierté du territoire : la filière industrielle des métiers de l’Optique et des Microtechniques.