« Ce n’est pas vraiment un livre d’histoire, c’est un livre sur Auxonne. » Serge Gusatto tient à cette nuance. Dans la quatrième édition revue et augmentée de son ouvrage, Auxonne Fierté bourguignonne, l’auteur a réuni 32 chapitres consacrés à la ville et à ses environs, avec l’ambition de faire découvrir des personnages, des événements et des anecdotes souvent absents des récits traditionnels.
Natif d’Auxonne et ayant grandi à Villers-les-Pots, il raconte avoir toujours été attiré par l’histoire. « Quand j’étais petit, je voulais faire archéologue », confie-t-il. Cette curiosité l’a conduit à s’intéresser d’abord à son village, avant d’élargir progressivement ses recherches à l’ensemble du territoire auxonnais. « Je me suis dit que ce n’était pas un village sans histoire, mais un village sans historien. »
Au fil des années, l’auteur accumule archives, ouvrages anciens, documents de la Bibliothèque nationale de France et échanges avec des spécialistes. Un travail de longue haleine qui débouche sur un ouvrage de 320 pages, illustré en grande partie par ses propres photographies et enrichi de nombreuses découvertes.
Une plongée dans des siècles d’histoire locale
Parmi les thèmes abordés figure l’une des questions qui a longtemps intrigué Serge Gusatto : la prononciation du nom d’Auxonne. À travers l’étude des monnaies frappées dans la cité durant plus de deux siècles par les ducs de Bourgogne, il défend l’idée que le « x » se prononçait historiquement. « Les légendes étaient en latin, donc le x se prononce », explique-t-il.
Le livre revient également sur des personnages aujourd’hui oubliés. C’est le cas de François Bossuet, natif d’Auxonne et proche de Mazarin puis de Fouquet, dont le parcours aurait croisé l’histoire de Versailles sous Louis XIV. D’autres chapitres évoquent les comtes d’Auxonne, les anciennes abbayes liées à la ville ou encore les faïenceries qui se sont développées autour du bois de Mondragon.
L’ouvrage s’intéresse aussi à plusieurs épisodes liés à Napoléon Bonaparte lors de son passage à Auxonne. Serge Gusatto évoque notamment ses recherches sur les lieux d’expérimentation d’artillerie du futur empereur ainsi que sur l’aménagement d’un domaine à Villers-les-Pots.
Quinze ans de recherches et de découvertes
Au-delà du récit historique, le livre reflète surtout une méthode de travail patiente. « Sur une quinzaine d’années, j’ai récupéré des documents », explique l’auteur, qui estime avoir consacré environ deux années à la rédaction proprement dite.
Certaines de ses recherches l’ont conduit à explorer des sites rarement étudiés. Il cite notamment ses investigations autour de l’abbaye de Neuville-lès-la-Charité, où il estime avoir identifié des éléments liés aux sépultures de plusieurs personnages majeurs de l’histoire comtoise et auxonnaise.
Le carnaval d’Auxonne, les 700 ans de la foire, la catastrophe ferroviaire de Villers-les-Pots ou encore l’histoire de Sainte-Colette figurent également parmi les nombreux sujets traités. Une diversité assumée par Serge Gusatto, qui souhaite avant tout transmettre au grand public la richesse d’un patrimoine local parfois méconnu. « De fil en aiguille, on découvre des événements, on découvre des choses qui n’avaient pas été mises en avant », résume-t-il.
























