Dole. Après le démantèlement du point de deal aux Mesnils-Pasteur, l’État veut empêcher toute reprise

Démantelé lors d’une opération menée le 2 février, le point de deal des Mesnils-Pasteur, à Dole, fait l’objet d’une riposte globale des autorités. Objectif : empêcher durablement toute réinstallation du trafic dans le quartier.

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« Notre objectif, c’est de garantir que le trafic ne revient pas » dixit le préfet du Jura, Pierre-Édouard Colliex.

Le quartier des Mesnils-Pasteur, à Dole, a longtemps été identifié comme un point sensible en matière de trafic de stupéfiants. Jeudi 23 avril, en sous-préfecture de Dole, les autorités ont affiché leur volonté de tourner une page : celle d’un point de deal structuré, démantelé lors de l’opération menée le 2 février, à l’issue d’une intervention coordonnée entre police, justice et services de l’État.

« Le trafic a subi un coup très important », résume le maire, Jean-Baptiste Gagnoux, évoquant un quartier où « il n’y a plus de gêne » pour les habitants, notamment autour de la tour 27. Un constat partagé par les services de l’État, le préfet Pierre-Édouard Colliex en tête, qui assure que le réseau identifié ne s’est, pour l’heure, pas reconstitué.

Une réponse judiciaire ciblée

Au cœur de l’opération, plusieurs interpellations ont permis de remonter une organisation hiérarchisée. Quatre individus considérés comme les principaux acteurs ont été placés en détention provisoire et seront jugés dans les prochaines semaines. À un niveau intermédiaire, d’autres personnes ont été poursuivies via des procédures alternatives, avec à la clé des peines d’emprisonnement et des interdictions de séjour.

Mais la stratégie judiciaire ne s’arrête pas aux seuls trafiquants. Le parquet assume un durcissement vis-à-vis des consommateurs, identifiés comme un maillon du système. « L’idée, c’est d’assécher le point de deal », explique la procureure, Julie Fergane-Tauzy, en multipliant les mesures d’interdiction de présence sur le quartier.

Cette approche vise à rompre la mécanique économique du trafic, en empêchant clients comme revendeurs de fréquenter les lieux. Elle s’inscrit dans une volonté plus large d’adapter la réponse pénale, jugée parfois insuffisamment visible par la population.

Empêcher le retour du trafic

Pour les autorités, l’enjeu principal commence après les interpellations. « Notre objectif, c’est de garantir que le trafic ne revient pas », insiste le préfet. Et pour cela, l’État entend mobiliser bien plus que l’outil judiciaire.

Huit procédures d’expulsion de logements sociaux ont ainsi été engagées contre des personnes impliquées dans le trafic, accusées d’avoir utilisé leur logement comme base d’activité. Dans le même temps, sept interdictions de paraître ont été prononcées, afin d’empêcher toute réappropriation du terrain.

Trois retraits de titres de séjour sont également en cours pour des individus étrangers impliqués. Une mesure qui, au-delà de la sanction administrative, entraîne la perte immédiate des droits sociaux.

Car la stratégie repose aussi sur un autre levier : celui du contrôle des ressources. Une cellule spécifique a été mise en place pour examiner la situation de 23 personnes liées au trafic. Objectif : détecter d’éventuelles fraudes aux prestations sociales et récupérer les sommes indûment perçues. « Il n’est pas possible que quelqu’un vive mieux du trafic et des aides que quelqu’un qui travaille », martèle le préfet, en assumant une approche globale mêlant sécurité, justice et lutte contre la fraude.

Sur le terrain, la pression reste forte. Les contrôles se poursuivent, avec une attention particulière portée aux « signaux faibles », ces débuts de trafic que les autorités veulent désormais traiter avant qu’ils ne s’installent.