Dossier de la semaine. Moins d’élèves, des classes en moins : la carte scolaire 2026/2027 se précise

La carte scolaire 2026 se dessine dans un contexte de baisse démographique persistante dans le Jura. Dix postes d’enseignants seront supprimés et plusieurs classes devraient fermer dans le département. L’inspection académique assure toutefois vouloir protéger les petites écoles rurales.

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Des écoles se sont ainsi mobilisées comme celle de Sampans, qui a obtenu gain de cause, et ne verra pas de fermeture de classe.

La baisse du nombre d’élèves continue de remodeler la carte scolaire dans le Jura. À la rentrée 2026, 345 élèves de moins sont attendus dans les écoles du département, poursuivant une tendance installée depuis plusieurs années. Sur quinze ans, près de 5 000 élèves ont disparu des effectifs jurassiens, conséquence directe du recul des naissances et du vieillissement de la population.

Cette évolution démographique entraîne mécaniquement une réduction des moyens. Le département devra ainsi rendre dix postes d’enseignants au niveau national. « Cette année, elle est assez singulière à plusieurs égards. Déjà, nous rendons 10 emplois à la solidarité nationale, puisque nous avons 345 élèves de moins dans le premier degré », explique l’inspecteur académique Fabien Ben. Dans les écoles, ces ajustements se traduisent par 17 retraits d’emplois pour 10 attributions ou confirmations de postes.

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Des fermetures dans plusieurs communes

Derrière ces retraits de postes se profilent plusieurs fermetures de classes à la rentrée. Parmi les écoles concernées figurent notamment celles de Coteaux-du-Lizon, Cosges–Nance, Monnet-la-Ville, Foncine-le-Haut, Chaumergy, Dole (école Wilson), Beaufort, Mignovillard, Lons-le-Saunier (école B. Clavel), Cize, Le Deschaux ou encore Viry.

Certaines fermetures restent toutefois conditionnelles, notamment dans les regroupements pédagogiques de Dole-Goux / Villette-lès-Dole, à Champagnole (école Jules-Ferry), Saint-Claude (école Truchet) ou encore Colonne. Dans ces situations, les décisions dépendront de l’évolution réelle des effectifs d’ici la rentrée.

L’inspecteur académique rappelle par ailleurs que l’Éducation nationale agit sur les postes, mais que la fermeture effective d’une classe relève juridiquement des communes. « L’État attribue ou retire des emplois. Ce sont les maires qui ouvrent et ferment les classes. » Dans les regroupements pédagogiques intercommunaux, les élus doivent ainsi déterminer dans quelle commune la classe disparaît, en fonction des besoins du territoire et de l’organisation scolaire locale.

Quelques ouvertures malgré tout

Malgré ce contexte marqué par les fermetures, certaines écoles bénéficieront de créations ou de confirmations de postes. Des ouvertures sont notamment prévues à Champagnole (maternelle Valentenouze) et à Lavans-les-Saint-Claude. Plusieurs postes sont également confirmés à Dole (maternelle Rockefeller), Conliège, Belmont-La-Loye, Andelot-en-Montagne, Orchamps, Macornay ou encore Cousance.

Face aux inquiétudes des élus et des parents, l’inspection académique affirme avoir fixé plusieurs priorités pour limiter l’impact des fermetures. La première concerne les petites structures rurales. Dans le Jura, plus de la moitié des écoles comptent une à trois classes, un maillage scolaire fragile que l’administration souhaite préserver.
« Nous avons choisi de protéger les écoles à deux classes et les écoles à trois classes », souligne Fabien Ben. Les classes de maternelle ont également été épargnées : « Nous avons choisi de ne pas retirer d’emploi sur les maternelles, puisque c’est là où se construisent les premiers savoirs. »

Malgré la baisse démographique, les indicateurs d’encadrement devraient rester favorables. La moyenne départementale devrait s’établir autour de 20,7 élèves par classe, tandis que le nombre d’enseignants pour 100 élèves continuera d’augmenter. Une garantie est également donnée pour la rentrée : « Il y aura un enseignant devant chaque classe dans le département. »