Dole. Au CHS Saint-Ylie, une psychiatrie plus humaine se construit

Au CHS Saint-Ylie à Dole, la psychiatrie évolue vers un accompagnement plus humain et adapté aux besoins actuels des patients.

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Au CHS Saint-Ylie, une psychiatrie plus humaine se met en place.

Au CHS Saint-Ylie, à Dole, les consultations s’enchaînent sans pour autant se ressembler. Troubles anxieux, mal-être adolescent, souffrances plus anciennes : “la demande s’exprime plus facilement parce que c’est moins tabou”, observe le docteur Maxence Barba, psychiatre et président de la commission médicale d’établissement.

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Sur le territoire jurassien, l’établissement accompagne environ 20 000 personnes, entre consultations ambulatoires et hospitalisations. Une activité qui a progressé ces dernières années. “On constate une augmentation d’un quart globalement de notre activité sur cinq ans”, précise le psychiatre.

Pour autant, les professionnels ne parlent pas d’une explosion des troubles, mais plutôt d’un changement dans les comportements. Une évolution qui concerne particulièrement les jeunes, mais aussi l’ensemble des publics.

En parallèle, les équipes restent attentives à des situations plus discrètes. “Vous avez des souffrances silencieuses qui ne s’expriment nulle part”, souligne la direction, insistant sur la nécessité de renforcer la prévention et le repérage.

Une organisation territoriale en évolution

Pour mieux répondre à ces besoins, le CHS s’appuie sur une organisation en réseau, à l’échelle du département. Le projet territorial de santé mentale (PTSM) permet de coordonner les actions entre les différents acteurs : professionnels de santé, collectivités, associations.

“La valeur ajoutée du PTSM, c’est la coordination”, explique Stéphane Philipovitch, directeur du Groupement Psychiatrique Médico-Social (GPMS) Doubs-Jura. L’objectif : rendre l’offre plus lisible et éviter les parcours fragmentés pour les patients.

L’établissement développe également des modalités de prise en charge diversifiées. L’ambulatoire prend une place croissante, tout comme les équipes mobiles, qui interviennent directement sur le terrain.

Cette adaptation passe aussi par une évolution des compétences. Le développement des infirmiers en pratique avancée ou l’accueil de médecins généralistes intéressés par la psychiatrie participent à enrichir les équipes. “On élargit au maximum le champ des possibles”, résume le directeur du GPMS.

Conférence à Dole sur une psychiatrie plus humaine au CHS Saint-Ylie.

Soigner autrement : vers une psychiatrie plus humaine

Au cœur de cette évolution, les pratiques de soins connaissent une transformation progressive. Le CHS Saint-Ylie s’inscrit dans une dynamique visant à proposer une psychiatrie plus attentive à l’expérience des patients.

“On a un programme de réduction, voire d’abolition à terme, de l’isolement et de la contention”, indique Stéphane Philipovitch. Une orientation qui traduit un changement de paradigme dans la prise en charge des situations de crise.

Concrètement, les équipes privilégient désormais des approches centrées sur la relation, l’apaisement et la présence. “On n’attache plus les gens, on s’en approche”, résume le directeur.

Cette évolution s’appuie aussi sur les retours des patients eux-mêmes. “Les témoignages nous amènent à faire évoluer considérablement la pratique”, souligne-t-il.

Pour les professionnels, cette transformation implique à la fois de nouvelles méthodes et un changement de regard. “Tous les mots ont un sens : isolement versus apaisement”, insiste Stéphane Philipovitch.

Accompagner les évolutions

Cette dynamique se traduit également dans les investissements portés par l’établissement. “En 2026, on va avoir le début des travaux d’un nouveau bâtiment d’addictologie”, annonce Ophélie Jaffard, directrice déléguée aux affaires financières. L’objectif est d’élargir l’offre de soins, avec davantage de lits et de places en hôpital de jour.

La pédopsychiatrie bénéficie également de projets structurants, avec la rénovation de l’unité Perséphone et la création d’un centre ambulatoire à Arbois. Pour la direction, ces projets s’inscrivent dans une vision d’ensemble. “Si on est dans une dynamique de projet, les financements suivent”, rappelle Stéphane Philipovitch.

Au-delà des infrastructures, l’établissement mise sur “la formation, l’innovation et la recherche” pour accompagner les évolutions en cours. Le CHS Saint-Ylie poursuit ainsi sa transformation, en cherchant à adapter ses pratiques et son organisation aux attentes actuelles.

Une évolution progressive, qui redéfinit en profondeur la manière d’aborder la santé mentale sur le territoire, et dont les effets devraient continuer à se faire sentir dans les années à venir.