Jura. La Grande Saline de Salins-les-Bains franchit un cap historique

La Grande Saline de Salins-les-Bains atteint un niveau inédit avec une progression spectaculaire de visiteurs en 2025.

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Grande Saline de Salins-les-Bains
2025 constitue une année de record pour la Grande Saline.

Avec 85 233 visiteurs en 2025, la Grande Saline de Salins-les-Bains atteint un niveau inédit. En 2019, le site culminait à 70 000 entrées. “On a dépassé les 85 000 visiteurs”, souligne sa directrice, Anne Ackermann. Une progression nette depuis 2022.

Pour elle, plusieurs facteurs se combinent. “On a une notoriété grandissante.” Le bouche-à-oreille joue à plein. Les partenariats portent leurs fruits. Et le territoire attire davantage. “Le Jura a le vent en poupe depuis quelques années.” La satisfaction des visiteurs fait le reste. “C’est un petit peu tout ça mêlé qui nous permet d’avoir cette fréquentation.”

Le cœur de l’activité demeure la visite guidée. C’est elle qui structure l’expérience et fidélise le public. La descente dans la galerie souterraine impressionne toujours. Les voûtes de pierre sont massives. “Les visiteurs ne soupçonnent pas qu’il y ait quelque chose d’aussi immense sous leurs pieds.” Le balancier capte aussi les regards. Il remonte encore la saumure et rythme la découverte.

La fréquentation reste majoritairement individuelle. Environ 85 % des visiteurs sont français. Beaucoup viennent de Bourgogne-Franche-Comté, de Rhône-Alpes ou d’Île-de-France. Les étrangers représentent 15 % du public, surtout suisses, belges, néerlandais et allemands. Les scolaires progressent également, une tendance que l’équipe entend consolider.

Des travaux visibles, sans fermeture

L’année 2025 a été marquée par d’importants chantiers. Six voûtes ont été restaurées dans la galerie. Il a fallu creuser en surface pour traiter les infiltrations. Une opération technique, menée sans interrompre les visites.

En surface, des portes ont été remplacées dans la salle des poêles. Un mur ancien a été consolidé. Sous terre, un escalier en béton des années 1960 a été supprimé. À la place, ils ont mis une passerelle plus légère. “On a maintenant un équipement beaucoup plus harmonieux avec le site.” En 2026, d’autres interventions sont prévues, notamment sur le magasin des sels, aujourd’hui fermé au public. Des travaux de sécurisation doivent préparer une future restauration.

2026, entre immersion et innovation

Pour maintenir la cadence, l’équipe mise sur une programmation soutenue. Conférences, concerts, Nuit des musées, Fête de la science, Halloween. “Ça va être très riche et on compte vraiment là-dessus pour stabiliser et augmenter la fréquentation.” La visite-spectacle L’Éclat de l’or blanc reviendra cet été, avec de nouveaux éclairages et un récit enrichi.

Autre projet d’ampleur : la numérisation de la dernière poêle à sel ancienne conservée en France. Un film immersif expliquera les étapes de l’évaporation et le travail des sauniers. Sa mise en place est prévue au printemps-été.

Enfin, la dégustation de saumure fera son retour dans le parcours guidé. Une eau chargée à 330 grammes de sel par litre, presque au seuil de saturation. “C’est une expérience unique.” Une façon concrète et sensorielle de conclure la visite, et de rappeler que l’or blanc coule toujours sous les pieds des visiteurs.