Il aura fallu deux ans et demi de réflexion pour le commissaire de l’exposition Marc Benaïche, pour imaginer cette nouvelle exposition « Mystification. Architecture et cinéma : la quête de l’illusion ». Déjà à l’origine d’une exposition en 2019 dans ce lieu emblématique, il revient avec un projet ambitieux mêlant architecture, cinéma et illusion. “Je suis parti de la nostalgie”, explique-t-il. “L’idée était de proposer un hommage à la fois au cinéma et à l’architecture.” Un choix parfaitement en adéquation avec ce site exceptionnel, conçu en 1775 par l’architecte visionnaire Claude-Nicolas Ledoux.
Un parcours immersif autour de l’illusion, le cinéma et l’architecture

Installée dans la Maison du Directeur, bâtiment central de la Saline, l’exposition propose un parcours en cinq salles. Le visiteur est invité à explorer le lien entre deux formes d’art qui jouent avec le réel : “L’exposition est un voyage singulier et objectif entre l’architecture qui trompe le réel et le cinéma qui se construit aussi sur l’illusion. L’objectif est d’ouvrir un regard sur cette relation autour de la mystification”, souligne Marc Benaïche. Cinq salles se succèdent avec une multitude d’oeuvres et de tableaux explicatifs. Célèbre peintre et sculpteur, spécialisé dans le cinéma, Claude Gazier expose quelques uns de ces tableaux qui ponctuent la visite. Certains construits en « anamorphose murale » incarnent à eux seuls cette illusion qui trompe le visiteur. Le directeur de la Saline, Hubert Tassy, s’est dit « honoré d’accueillir cette exposition » et la diversité des artistes qui y ont contribué.
La cave de la Saline ouverte au public : une première

Autre moment fort de l’exposition : la découverte de la cave de la Maison du Directeur, exceptionnellement ouverte au public après plusieurs mois de réhabilitation. Cet espace accueille un hommage immersif au film “La Belle et la Bête“ de Jean Cocteau, tourné en 1945. La décoration, les sculptures, les fleurs, l’ambiance, tout a été pensé par Juan-Pablo Molyneux, grand architecte. Le visiteur n’a d’autre choix que de se plonger dans l’univers si particulier de ce monument cinématographique du 20ème siècle. Le lieu le plus impressionnant reste la reconstitution du jardin avec un arbre sculpté et des toiles de décors réalistes. Phase marquante de la visite, un hologramme de la “Vouivre” créé spécialement par les étudiants de l’Institut FEMTO de Besançon, clin d’oeil au savoir-faire local.
Une exposition accessible à tous les publics

L’architecture et le cinéma sont deux domaines parfois difficilement accessibles pour tous les publics. Pourtant, Marc Benaïche a souhaité construire ce parcours autour de la quête de l’illusion en s’adressant à la fois aux amateurs de cinéma et d’architecture mais aussi aux néophytes. « L’exposition est très dense et complexe mais on a essayé de donner un accès le plus simple et le plus juste possible aux visiteurs ». Les enfants ne sont pas en reste, avec notamment une collection de constructions en Lego réparties dans les salles. Parmi elles, un impressionnant vaisseau inspiré de Star Wars, fruit de 100

heures de travail, fait le lien entre architecture futuriste et culture populaire. Autre innovation, une version numérique de Claude-Nicolas Ledoux, recréée grâce à l’intelligence artificielle, accueille les visiteurs. Une salle est également dédiée aux jeux vidéo, soulignant leur place croissante dans notre rapport à l’image et à l’espace.
Informations pratiques
Exposition « Mystification. Architecture et cinéma : la quête de l’illusion »
Saline d’Arc-et-Senans
Du 1er mai 2026 au 28 février 2027

























