Invité de la semaine. Laurent Harmel, nouveau maire d’Oyonnax : « Je suis convaincu qu’il y a une ouverture à faire sur le Jura »

Élu maire d'Oyonnax le 22 mars dernier avec 50.69 %, Laurent Harmel évoque sa prise de fonction et ses premières actions à la tête de la ville-centre du Haut-Bugey. Entre la cantine à deux euros, l'opposition avec Julien Martinez, la crise de la matière plastique et l'invitation à l'Élysée, de nombreux sujets sont sur la table.

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Laurent Harmel maire Oyonnax
Laurent Harmel est le nouveau maire d'Oyonnax, après trois mandats de Michel Perraud.

Quel a été votre parcours professionnel et politique avant d’accéder à la mairie d’Oyonnax ?

J’ai eu un diplôme d’infirmier en 1989, je fais partie de ces vieux professionnels de santé. J’ai travaillé un an en réanimation avant de rentrer en cabinet d’infirmier libéral, dans lequel je suis toujours. En 2013-2014, j’ai passé un diplôme de gestion d’établissements sanitaires et sociaux, ce qui m’a permis d’ouvrir l’EHPAD de Groissiat en 2016. Au niveau politique, j’ai fait partie de l’UDI pendant trois ans. J’ai commencé avec Jacky Machurat, maire de Groissiat, en 2001, en tant qu’adjoint à la vie associative. En 2008, Michel Perraud m’a proposé de partir dans son équipe : je suis resté avec lui jusqu’en 2026, en étant premier adjoint lors du dernier mandat.

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Suite à cette accession, quels vont être les premiers projets lancés dès cette année ?

Les projets vont tous partir en même temps, mais certains vont prendre plus de temps, comme La Grande Vapeur, avec des rencontres nécessaires entre les architectes et la consolidation du financement. Aujourd’hui, ma volonté, c’est qu’on soit prêts au mois de septembre pour la cantine à deux euros et le pass Oyo Sport et Culture. Le troisième sujet, c’est le centre de santé, c’est difficile de donner des dates puisqu’on est dépendants du médecin qui pourrait être dedans. Et le dernier point, c’est le lancement de la brigade anti-incivilité qu’on avait annoncé, je sais qu’on est attendus là-dessus. Ce sont les quatre sujets qui vont être menés dans l’immédiat.

La campagne a été assez tendue avec votre principal opposant Julien Martinez et ce climat s’est invité lors des premiers conseils municipaux. Est ce que vous l’appréhendez ?

Il restait quelques braises effectivement et ils ont décidé de souffler dessus. Aujourd’hui, nous, on est installés, on a une majorité confortable avec 27 conseillers. Eux, ils étaient sept, ils ne sont plus que cinq (lire par ailleurs). Maintenant, soit ils s’inscrivent dans la volonté de travailler pour Oyonnax et auquel cas, on écoutera, car ma volonté est de rassembler, soit ce n’est pas constructif, et on fera jouer notre majorité, on passera nos projets quoi qu’il en soit. Mais, effectivement, la fracture est conséquente et a laissé quelques traces. Je n’appréhende pas du tout : les deux sujets qu’il a abordés, c’est des sujets qui ont été abordés dans tous les conseils municipaux.

Sur les indemnités, on a augmenté l’enveloppe de 500 euros par mois, pour rémunérer dix conseillers municipaux, mais on a fait un effort, maire et adjoints. Sur le sujet du travail (Laurent Harmel est encore infirmier), je lui ai dit que je n’étais pas chef de service. Quand je ne suis pas là, les services continuent de travailler. Je cherche un remplaçant pour me consacrer davantage à mon poste et représenter la ville en dehors des murs. Si j’arrive en septembre avec une solution, je serai bien heureux.

Dans le Haut-Bugey, le sujet d’actualité est la crise de la matière plastique, quelles sont les marges de manœuvre de la mairie pour soutenir les entrepreneurs ?

L’idée, c’est déjà d’envoyer un signal en disant qu’on a conscience que le bassin d’emploi est impacté par le prix et la rareté de la matière. Jeudi 16 avril, on a rencontré Hervé David, patron d’EDA. La compétence économique se joue plutôt au niveau de l’agglomération, mais on ne peut pas rester en dehors du sujet en étant ville-centre, concernée avec toutes nos zones industrielles. On écoute et, s’il faut interpeller nos élus nationaux – députés ou sénateurs – pour porter la voix du bassin, on le fera.

Avec votre adjoint à la jeunesse, vous avez le projet d’un nouvel organisme de formation sur la ville, pouvez-vous nous en dire plus ?

Ce serait un CFA, porté davantage sur le BTP, avec des formations de chauffagiste, électricien, maçon… qui seront assez courtes, maximum 2 ans, avec un accès à l’emploi rapide. Le projet avait été présenté en son temps à l’ancienne municipalité, on le réactualise. On a rencontré un porteur de projet qui a essentiellement besoin de locaux. On va travailler avec nos partenaires, l’idée, c’est de diversifier l’offre de formation pour aller chercher des gens qui n’ont pas forcément les moyens de se déplacer pour se former.

Est ce que vous visez un rapprochement entre Oyonnax et le Jura à long terme ?

C’est carrément d’actualité puisque, jeudi 16 avril, on était invités à l’Élysée par le président (lire par ailleurs). J’ai rencontré le maire de Lons-le-Saunier, Cyrille Brero, accompagné d’autres maires jurassiens (Salins-les-Bains, Les Rousses, Montmorot). Il m’a prêté son écharpe pour la photo et on a convenu qu’on allait s’appeler cette semaine dans le cadre de la charte nationale “Ville commerçante”. Plusieurs sujets sont à voir ensemble, comme le tourisme. L’activité commerciale du bassin est intéressante pour les Jurassiens. Pendant la campagne, on a beaucoup parlé du Léman Express, de la liaison Oyonnax-Ambérieu-Lyon, mais je suis convaincu qu’il y a cette ouverture à faire sur le Jura et à partager des choses ensemble.