Louhans. Le musée des sourds fête les 100 ans des Deaflympics en invitant quatre athlètes médaillés

Le samedi 25 avril, le musée des sourds de Louhans organise une journée exceptionnelle pour les 100 ans des Deaflympics. La conservatrice, Caroline Pelletier, présente le programme, avec hommage rendu au cimetière, visite flash de l'exposition et conférence d'athlètes médaillés à la salle des fêtes de Sagy.

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Caroline Pelletier est présidente et conservatrice du musée des sourds de Louhans.

Le musée des sourds de Louhans-Châteaurenaud est unique en France, un des seuls remparts face à l’invisibilisation de l’Histoire et de la culture des sourds dans le pays. « Un musée public tel que le nôtre, il n’y en a qu’un. Il y a bien quelques salles dédiées au patrimoine à la maison des sourds d’Orléans, de Rouen ou de Reims, mais cela passe globalement inaperçu », témoigne Caroline Pelletier, présidente et conservatrice du musée, elle-même sourde de naissance. C’est son père, Armand Pelletier, qui a instigué le musée, aidé d’Yves Delaporte, ethnologue français, et Bernard Truffaut, historien sourd.

Celui-ci a pris place en 2013 dans une partie de l’Hôtel-Dieu, avec le financement de la Ville, et présente depuis de nombreuses expositions. La première, permanente, est dédiée à l’Histoire des sourds, et revient sur le parcours de l’activiste Ferdinand Berthier, né à Louhans et créateur de la Société universelle des sourds-muets en 1838. Une seconde a mis en avant le rôle des sourds dans la Seconde Guerre mondiale, pour ses 80 ans en 2025.

Façade du musée des sourds à Louhans-Châteaurenaud
Le musée présente une exposition permanente sur l’histoire de la langue des signes.

« Les Deaflympics, on n’en parle pas à la télévision »

Depuis l’année dernière, le musée présente une exposition sur un autre anniversaire, un peu plus joyeux : celui des 100 ans des Deaflympics. Ceux-ci ont eu lieu pour la première fois à Paris en 1924, sous le nom de Jeux Internationaux Silencieux, avec 140 athlètes de 8 pays. « C’est Rubens Alcais, un grand sportif sourd passionné de vélo qui les a créé. Il a constaté qu’il y avait de très nombreux athlètes internationaux sourds. Mon père y a participé en course à pied, et moi-même en ski », indique Caroline Pelletier.

Depuis leur création, ces Jeux n’ont pas arrêté de se développer, prenant place pour la première fois hors d’Europe en 1965 (Washington), et jusqu’à recevoir 439 athlètes de 61 pays pour la dernière édition en 2025 à Tokyo. Reconnus par le CIO en 1955, ces Jeux ont été portés par différents organismes, brouillant leur lisibilité et ne facilitant pas leur notoriété. « Il y a une grande visibilité pour les Paralympiques, mais les Deaflympics, on n’en parle pas à la télévision. Julien Goy, président de la commission Deaflympics du CPSF (Comité Paralympique et Sportif Français), sera là le 25 avril pour apporter des précisions », affirme la conservatrice.

L’école maternelle de Sagy renommée Ferdinand Berthier

Une centaine de personnes sont déjà inscrites, pour suivre le programme de “Deaflympics d’hier et d’aujourd’hui”. « Le matin, un hommage à Armand Pelletier aura lieu au cimetière de Louhans. Puis, des visites flash d’une quinzaine de minutes prendront place au musée. L’après-midi, un hommage sera rendu à Ferdinand Berthier, au cimetière de Sagy. Une plaque avec sa biographie sera ajoutée et l’école maternelle, située juste en face, sera officiellement renommée en son nom. Puis, une conférence interactive aura lieu à la salle des fêtes, avec quatre athlètes médaillés », détaille la présidente. De Michelle Dabat, première femme médaillée d’or aux Jeux d’été en 80m haies, à Rafaelli Kuzehgaran, médaillé en football aux derniers Jeux de Tokyo, toute l’histoire des Jeux sera retracée. Enfin, un film sera diffusé à 20 h 30 avec des extraits des Deaflympics, pour clôturer la journée en beauté.