L’invité de la semaine : Francis Schweitzer

Si vous entendez parler d'alerte à la pollution ou d'alerte aux pollens, l’information vient d’une structure régionale agréée par le ministère de l’environnement : ATMO Bourgogne Franche-Comté. Rencontre avec son directeur.

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Francis Schweitzer.

Francis Schweitzer, quel est le rôle de votre structure ?
Nous avons en charge la surveillance de la qualité de l’air que ce soit en extérieur ou en intérieur. En clair, Atmo est un acteur du triptyque Air Climat Énergie qui a aujourd’hui évolué vers une prise en compte de ce que l’on appelle la santé environnementale. Nous devons en effet prendre en compte que les écosystèmes qui nous entourent ont un impact sur notre santé. Et a contrario, nous humains, avons aussi un impact sur les écosystèmes. Notre rôle est d’être conscients de ce double niveau de lecture des événements. Sachant qu’aujourd’hui, les citoyens souhaitent et sont en droit de respirer un air qui ne nuise pas à leur santé et qui ne présente pas d’impact sanitaire.

Quels sont vos moyens sur le terrain ?
Nous disposons d’un ensemble de 28 stations de mesures implantées en des lieux représentatifs des différents types d’exposition de la population, en ville comme en milieu rural, répartis sur toute la région. Ce dispositif est complété par des laboratoires mobiles permettant d’effectuer des campagnes temporaires. Le tout avec une trentaine de collaborateurs experts dans leurs domaines respectifs.

Qu’en est-il de la qualité de l’air extérieur ?
Il s’agit de celui que nous respirons dans les villes et villages. On distingue les polluants dits réglementés comme les gaz d’échappement ou l’ozone par rapport à d’autres polluants non réglementés comme les pollens et phytosanitaires. La surveillance sur les premiers cités que nous exerçons est très encadrée par des textes venant de l’Union Européenne qui fixe des valeurs limites à ne pas dépasser. Si c’est toutefois le cas, le territoire concerné doit prendre des mesures pour diminuer la pollution, par exemple en réduisant la vitesse maximale autorisée sur autoroute, en promouvant des modes de chauffage plus propres. En ce qui concerne les pollens, nous avons également ce rôle de surveillance sur un sujet qui n’impacte qu’une partie de la population, des personnes sensibles, mais quand même 20%. C’est particulièrement important en ce moment…

Faut-il être aussi vigilant dans nos habitations ?
Nous vivons souvent à 80% de notre temps, voire même plus en intérieur. Ces espaces sont eux aussi sujets à de la pollution qui peut provenir du plafond, des murs, du sol, du mobilier, du chauffage… Un véritable cocktail de sources polluantes potentielles.
Les maisons sont de plus en plus étanches pour des questions de performance énergétique mais là aussi, la question de l’aération se pose.

Avez-vous enfin d’autres missions plus spécifiques ?
Nous devons par ailleurs apporter des éléments de connaissance sur les différents niveaux d’exposition des professionnels à certains produits. Je pense notamment aux agriculteurs par rapport aux phytosanitaires utilisés pour traiter leurs champs. Nous sommes donc amenés à accompagner ces utilisateurs sur leurs pratiques afin de les rendre moins nuisibles pour leur santé.
Un rôle que nous avons également auprès des services publics et collectivités territoriales.