
À quelques minutes d’Arinthod, le cirque de la Pierre Enon offre l’un des paysages les plus singuliers de la Petite Montagne. Cette vaste reculée, creusée dans les calcaires jurassiens au fil des glaciations du Quaternaire, rappelle qu’il y a plusieurs dizaines de milliers d’années, d’immenses glaciers recouvraient encore le massif.
Lorsque les glaces se sont retirées, il y a près de 20 000 ans, un gigantesque bloc rocheux s’est détaché des falaises avant de venir s’immobiliser au fond du cirque. Haute de plusieurs mètres et pesant plusieurs centaines de tonnes, cette pierre a donné son nom au site. Posée comme en équilibre, elle intrigue immédiatement les visiteurs.
Depuis des siècles, ce rocher alimente les interrogations. D’anciens écrits mentionnent la présence de quatre pierres coniques disposées autour du bloc principal. Certains érudits y ont vu les vestiges d’un ancien lieu de culte datant de la période gauloise, voire de la Préhistoire. Aucune fouille n’est toutefois venue confirmer cette hypothèse, laissant le mystère intact.

Entre géologie et légendes
Comme de nombreux sites isolés du Jura, la Pierre Enon s’est entourée de récits populaires. Les habitants racontaient autrefois que des fées ou des dames blanches venaient danser autour du rocher lors des nuits de pleine lune. D’autres évoquaient des sabbats de sorcières ou encore une mystérieuse « Chaise à Dieu » située à proximité.
Au-delà de ces croyances, le site constitue aujourd’hui un espace naturel remarquable. Classé pour son intérêt écologique, il abrite une biodiversité préservée au cœur des falaises calcaires et des sous-bois qui entourent le cirque.
Accessible depuis le hameau de Vogna, le sentier permet de découvrir un lieu où se croisent histoire géologique, patrimoine naturel et mémoire populaire. Une promenade qui rappelle que, dans la Petite Montagne, certains paysages racontent autant l’histoire de la Terre que celle des hommes.

























