Brazey-en-Plaine. À la recherche des souvenirs du régiment de Bourgogne

Aux Éditions du Brevail, Christian Méry prépare avec Gilles Vauclair et Didier Callabre une nouvelle édition consacrée au régiment de Bourgogne. Un travail nourri d’archives, de témoignages et de documents familiaux.

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Gilles Vauclair et Didier Callabre font revivre l’histoire du régiment de Bourgogne. Crédit photo : Édition du Brevail

Dans les cartons d’archives comme dans les souvenirs conservés par les familles, chaque document peut apporter une pièce supplémentaire à l’histoire. Créées en 2012, les Éditions du Brevail se sont spécialisées dans les ouvrages historiques destinés notamment aux collectionneurs et passionnés. Une trentaine de titres ont depuis été publiés, en petites séries.

Aujourd’hui, Christian Méry accompagne un important travail autour du régiment de Bourgogne, dans le prolongement d’un ouvrage de l’historien Gilles Hennequin. Décédé il y a quelques années, celui-ci avait notamment consacré plusieurs volumes à la Résistance en Côte-d’Or et recueilli de nombreux témoignages aujourd’hui impossibles à obtenir directement.

Un ouvrage largement enrichi

Le régiment de Bourgogne réunissait environ 2 500 hommes et femmes qui, en 1944, au moment de la Libération de la Côte-d’Or, se sont engagés avant de combattre en Alsace puis jusqu’en Allemagne. Gilles Vauclair et Didier Callabre ont repris le travail consacré à cette histoire avec l’ambition de l’augmenter considérablement. Le futur ouvrage devrait dépasser les 300 pages au format A4, contre environ 150 pages pour la précédente publication.

Pour y parvenir, la recherche documentaire occupe une place centrale. Dans les fonds de Vincennes ou de Châtellerault, les chercheurs explorent les cartons, trient les documents puis reproduisent ceux susceptibles d’alimenter leur travail. Mais l’enquête dépasse les seules archives institutionnelles. Des survivants et surtout des familles ont confié des photographies, des écrits ou encore des objets. Parmi eux figure une blague à tabac ayant appartenu à un soldat et qui aurait contribué à lui sauver la vie en ralentissant des éclats d’obus. Cette collecte doit permettre de constituer une iconographie particulièrement riche.

Retrouver la parole des témoins

L’objectif n’est cependant pas seulement d’ajouter des documents. « C’est les deux, en fait », explique Christian Méry lorsqu’il évoque l’enrichissement et la vérification des informations. Des erreurs sont corrigées, des noms de blessés ajoutés et certaines retranscriptions rectifiées. Surtout, de nouveaux témoignages viennent compléter ceux déjà connus, notamment grâce à des écrits familiaux qui n’avaient jamais été publiés.

Car avec le temps, la principale difficulté n’est pas forcément de retrouver les archives. « Ce qui manque surtout, c’est les témoignages », souligne l’éditeur. Les fonds regorgent encore de comptes rendus et de documents, mais ceux-ci restent souvent administratifs. La parole directe apporte, elle, une dimension plus vivante : « Les témoins, c’est parlant. Ils nous disent : voilà, j’étais là. »

La collecte reste donc ouverte. Photos inédites de soldats, objets, souvenirs rapportés de l’époque ou témoignages familiaux peuvent encore contribuer au projet. Attendu courant novembre, l’ouvrage sera diffusé principalement en Côte-d’Or, avec une possible distribution dans le Jura et en Haute-Saône selon les distributeurs. Une manière, plus de huit décennies après les faits, de continuer à documenter une mémoire dont les témoins directs ont désormais presque tous disparu.