Édito. Du cartable au sapin, il n’y a qu’un pas

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Noël

Nous sommes en septembre. Les cartables sentent encore le neuf, les dernières photos de vacances traînent sur les téléphones et certains refusent toujours de ranger définitivement le barbecue. Pourtant, quelque part, Noël se prépare déjà.

Cela commence discrètement. Une discussion familiale presque anodine : « Cette année, on fait Noël où ? » Question en apparence simple, mais qui ouvre officiellement quatre mois de négociations diplomatiques. Chez les uns ? Chez les autres ? Le 24 ? Le 25 ? Et Mamie, elle vient quand ? Sans oublier celui qui annonce déjà qu’il « ne sait pas encore », avant de confirmer sa présence le 23 décembre à 18 h 42.

Dans les magasins aussi, les premiers signes ne devraient plus tarder. Entre deux fournitures scolaires et quelques produits estampillés « rentrée », les rayons vont doucement changer de saison. Les chocolats vont gagner du terrain, les catalogues de jouets vont refaire surface et les premières décorations scintillantes nous rappelleront une vérité implacable : le commerce possède toujours quelques semaines d’avance sur notre calendrier mental.

Alors, forcément, nous protesterons. « Noël ? Déjà ? Mais on est en septembre ! » Nous trouverons cela beaucoup trop tôt. Avant de nous arrêter devant un rayon de papillotes. Juste pour regarder, évidemment.

Car préparer Noël est peut-être devenu une saison à part entière. Elle commence bien avant décembre, quelque part entre la rentrée et les premières feuilles mortes. On jure chaque année que, cette fois, on anticipera les cadeaux, le menu et l’organisation. Puis décembre arrivera et nous courrons exactement comme l’année précédente.

Mais pour l’instant, pas d’urgence. Il reste encore quelques semaines avant d’entendre « All I Want for Christmas Is You » entre les rayons. Enfin… normalement.