Des petits êtres en plastique ont posé leurs bagages pour six mois au musée de la Résistance et de la Déportation de l’Ain, à Nantua. Inaugurée le 10 juillet, “La vie rétro en Playmobil” est un petit pas de côté pour ouvrir encore plus grandes les portes du musée. « Cela fait un an qu’on y réfléchit. L’idée n’était pas de parler de la Seconde Guerre mondiale, mais de revenir sur la vie quotidienne des années 30 à 50, pour une exposition grand public, accessible aux enfants et à tout le monde », explique Louise Liboutet, responsable du musée. Rapidement, le partenariat avec Ludik’Expo s’est imposé : une entreprise créée par deux passionnés d’Histoire et de jouets. « Dominique Béthune a commencé par une exposition dans un château il y a une quinzaine d’années. De fil en aiguille, c’est devenu une activité permanente avec sa femme, Alia Bacha. Leur objectif est d’être au service des lieux patrimoniaux, pour faire passer la porte à des gens qui ne rentrent pas forcément dans des musées », indique Louise Liboutet.


Une charte Playmobil à respecter
Les deux habitants de l’Oise construisent leurs expositions dans un entrepôt de 400 m². Des semaines de préparation sont nécessaires, en partant de Playmobil trouvés en brocante et dans des marchés spécialisés, et en en créant certains en impression 3D. « Ils travaillent en lien avec l’entreprise et doivent respecter leur charte. Ils ne peuvent pas recréer des scènes de guerre ou de violence par exemple », renseigne la directrice. Pour cette exposition, le monument aux morts 1914-1918 a notamment été créé en imprimante 3D. Par la suite, ce qui est le plus chronophage pour les deux artistes est la scénographie : « Créer des scènes de vie, c’est ce qui prend le plus de temps. Ils ont du mal à s’arrêter, c’est comme des enfants ». Ces scènes de vie, à Nantua, sont découpées en six saynètes et un grand diorama (panorama créant l’illusion du mouvement) de la Libération.

Congés payés, mode et cuisine, renouveau…
Les trois salles de l’exposition temporaire reprennent les trois périodes – années 1930, années 1940, années 1950 – avec un grand thème porteur. Pour les années 30, les congés payés sont dépeints, avec une gare qui représente les premiers grands départs ou un cinéma qui matérialise les premiers temps de loisir grâce à la semaine de 40 heures.

Pour les années 40, au-delà de la Libération, c’est la mode et la cuisine de l’époque qui sont racontées. Les Playmobil font la queue à la boulangerie avec leurs tickets de rationnement et des objets de collection dialoguent avec l’exposition. Un livre de recettes de l’époque “Cuisine et restriction” est présent, ainsi qu’une carte d’électrice pour retracer l’obtention du droit de vote des femmes. Enfin, le renouveau de l’après-guerre est le thème des années 50, avec la démocratisation de la voiture et l’orientation vers les Trente Glorieuses. Une pompe à essence ou un modèle réduit d’une Citroën DS trônent dans la salle.

Cette nouvelle exposition marque le parcours remarquable de Dominique Béthune et Alia Bacha, qui ont exposé à travers toute la France, notamment aux Invalides à Paris en abordant Napoléon ou au monastère Royal de Brou en 2024. C’est au tour du musée de Nantua de profiter de cette belle créativité, et de mettre l’Histoire à hauteur de Playmobil pour mieux la transmettre à hauteur d’Homme.























