Dole. « Ctrl + Alt + Art » : quand la peinture inspire le jeu vidéo

Du pinceau à l’écran, il n’y a parfois qu’un pas. Avec l’exposition « Ctrl + Alt + Art – Peindre le jeu vidéo », le musée des Beaux-Arts de Dole, propose jusqu’au 27 septembre, une plongée originale dans les coulisses de la création vidéoludique.

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Une exposition qui évoque l'histoire des jeux vidéo, liés à l'art.

À travers plusieurs œuvres, esquisses et univers emblématiques, l’exposition met en lumière un métier encore méconnu : celui des « concept artists », ces artistes qui imaginent les mondes virtuels avant même leur modélisation numérique.

Avant d’être une suite de pixels ou d’animations, un jeu vidéo commence souvent par une peinture, un croquis ou une aquarelle. C’est précisément ce dialogue entre les arts classiques et la création numérique que le parcours entend raconter. « Les artistes qui travaillent dans l’industrie du jeu vidéo sont souvent formés en école d’art ou aux Beaux-Arts », rappelle la commissaire de l’exposition, Marine Macq.

Dans les différentes salles, les visiteurs découvrent comment la peinture traditionnelle nourrit les univers vidéoludiques contemporains. Composition, lumière, couleur ou perspective : autant de codes hérités des arts picturaux que les studios réinventent aujourd’hui pour bâtir leurs mondes interactifs.

Quand les peintres inspirent les jeux vidéo

L’exposition s’appuie sur plusieurs jeux marquants de ces dernières années. Le visiteur croise ainsi les univers de Dishonored, Gris, Creaks, Dordogne ou encore Clair Obscur : Expedition 33. Derrière chacun d’eux, des artistes façonnent des identités visuelles parfois directement inspirées de grands courants artistiques.

Certaines œuvres présentées montrent par exemple comment des studios réinterprètent l’impressionnisme ou le surréalisme dans leurs créations. D’autres démontrent comment des tableaux tombés dans le domaine public sont découpés, réassemblés et transformés en décors interactifs.

Le jeu Procession to Calvary, développé par l’Écossais Joe Richardson, détourne ainsi des peintures de Botticelli ou Michel-Ange pour créer un univers absurde et burlesque. À l’inverse, Dordogne mise sur des décors entièrement peints à l’aquarelle traditionnelle avant d’être intégrés numériquement au jeu.

Plus loin, l’exposition revient aussi sur le phénomène Clair Obscur : Expedition 33, dont l’univers s’inspire librement de la Belle Époque et des arts picturaux européens. Les visiteurs découvrent notamment les étapes de conception des personnages et des environnements, depuis les premiers croquis jusqu’aux scènes finales.

Un art encore méconnu du grand public

Au-delà du simple hommage au jeu vidéo, l’exposition entend surtout valoriser un savoir-faire artistique souvent invisible. Les « concept artists » travaillent en coulisses et produisent des œuvres qui, à l’origine, ne sont pas destinées au public. « Ce sont avant tout des œuvres techniques », explique Marine Macq. Leur rôle consiste à traduire des idées en images afin de guider les équipes de développement.

Le parcours met ainsi en avant des carnets de recherches, des « mood boards », des études de personnages ou encore des vidéos montrant les artistes au travail. Une manière de rappeler que derrière chaque décor numérique se cachent des heures de peinture, de dessin et de réflexion artistique.

À travers cette exposition, le musée des Beaux-Arts de Dole brouille volontairement les frontières entre arts classiques et culture populaire. Une approche qui illustre aussi l’évolution du regard porté sur le jeu vidéo, désormais considéré comme un véritable terrain d’expression artistique.

Et au fil des salles, une évidence s’impose : avant d’être un média technologique, le jeu vidéo reste avant tout une histoire d’imaginaire et de création visuelle.