
La Bourgogne-Franche-Comté entre progressivement dans une nouvelle phase de sa transition énergétique. À l’occasion d’un point presse organisé ce jeudi 21 mai, les représentants de Réseau de Transport d’électricité (RTE) ont dressé le bilan électrique régional 2025, entre stabilité de la consommation, montée en puissance des énergies renouvelables et grands travaux à venir sur le réseau.
“L’électricité est aujourd’hui un vecteur central de décarbonation”, a rappelé Laurent Cantat-Lampin, délégué régional RTE pour le Grand Est et la Bourgogne-Franche-Comté. Derrière ce constat, un objectif partagé par les pouvoirs publics : remplacer progressivement les énergies fossiles par l’électricité dans les transports, l’industrie ou encore le chauffage.
En Bourgogne-Franche-Comté, la consommation électrique s’établit à 19,9 TWh en 2025, soit une légère baisse de 0,4 % par rapport à 2024. Une stabilité qui confirme la tendance observée depuis la crise énergétique de 2022. Pour RTE, plusieurs facteurs expliquent cette situation : les efforts de sobriété énergétique, une amélioration de l’efficacité des équipements, mais aussi un contexte économique encore fragile pour certaines industries.
Une production régionale toujours plus verte
Si la consommation reste stable, la production électrique régionale poursuit, elle, sa progression. En 2025, la Bourgogne-Franche-Comté a produit 5,5 TWh d’électricité, soit une hausse de 2,8 % sur un an. Surtout, 91,4 % de cette production est désormais issue d’énergies décarbonées.
La région ne dispose ni de centrale nucléaire, ni de centrale à gaz majeure. Son mix énergétique repose essentiellement sur l’hydraulique, l’éolien et désormais le solaire photovoltaïque. “On voit vraiment un changement de tendance avec une accélération très forte du photovoltaïque”, a souligné Laurent Cantat-Lampin durant la présentation.
Le solaire apparaît désormais comme le principal moteur de croissance énergétique régional. La production photovoltaïque a bondi de plus de 50 % en un an, portée à la fois par les nouvelles installations et des conditions d’ensoleillement plus favorables. Fait marquant : la puissance installée du parc photovoltaïque dépasse désormais celle du parc éolien dans la région.

Un milliard d’euros pour adapter le réseau
Pour accompagner cette transformation, RTE prévoit des investissements massifs sur le territoire régional. En 2025, l’entreprise a déjà injecté plus de 121 millions d’euros en Bourgogne-Franche-Comté. Mais surtout, près d’un milliard d’euros devraient être investis d’ici 2031 pour moderniser et renforcer les infrastructures électriques.
Car derrière la transition énergétique se cache un défi technique majeur : adapter un réseau historiquement conçu pour transporter l’électricité dans un seul sens. “Aujourd’hui, nos lignes doivent aussi pouvoir récupérer l’électricité produite localement pour l’acheminer ailleurs”, a expliqué Laurent Cantat-Lampin.
Ces investissements doivent permettre d’accompagner la réindustrialisation, le développement des bornes de recharge électrique, les nouveaux projets photovoltaïques, mais aussi le vieillissement des infrastructures. Une partie du réseau date encore de l’après-guerre, voire de l’entre-deux-guerres.
Si aucun grand projet structurant n’a été annoncé dans le Jura à ce stade, plusieurs opérations de modernisation du réseau sont néanmoins prévues dans le nord Franche-Comté, notamment dans le Doubs.

























