Salins-les-Bains. Une cathédrale sous la plume de Cécile Baudin

De passage à Salins-les-Bains presque par hasard, l’autrice Cécile Baudin découvre la Grande Saline et ses galeries souterraines. Une rencontre marquante qui donnera naissance à Deuil de Sel, un polar historique nourri d’archives, de souvenirs et de la mémoire d’un patrimoine industriel longtemps au cœur de la ville.

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polar historique à Salins Cecile Baudin
Cécile Baudin.

Après une trilogie remarquée consacrée au XIXe siècle, l’autrice Cécile Baudin revient avec Deuil de Sel, un polar historique qui plonge dans les profondeurs de Salins-les-Bains. Entre archives oubliées et souvenirs recueillis auprès des habitants, elle redonne vie à un patrimoine industriel auquel elle s’est profondément attachée.

Parfois, une histoire naît presque par hasard. Pour Cécile Baudin, tout commence lors d’une halte imprévue au retour d’un salon du livre. Intriguée par le classement de la Grande Saline au patrimoine mondial de l’UNESCO, elle pousse la porte du site et découvre ce qu’elle décrit comme une véritable ” cathédrale sous la ville “.

La visite agit comme une révélation. L’atmosphère des lieux, la puissance de cette architecture souterraine et la mémoire qu’elle abrite deviennent aussitôt la matière de son nouveau roman. « C’est hyper romanesque, hyper symbolique », confie-t-elle, encore marquée par ce qui se cache sous la surface de la cité comtoise.

Le sel, entre richesse et larmes

Avec Deuil de Sel, l’autrice quitte le XIXe siècle pour explorer une double temporalité : les années 1960 et notre époque. Le titre lui-même porte une charge symbolique. « Le sel, c’est très riche comme symbole, ce sont aussi les larmes, c’est la terre », explique-t-elle.

À travers son intrigue, elle raconte la fin d’un monde. Dans les années 60, l’industrie du sel s’éteint peu à peu, bousculée par les mutations économiques, le transport routier et l’arrivée du réfrigérateur. Ce qui fut longtemps « l’or blanc », protégé par l’impôt et source de prospérité, devient un produit ordinaire. Entre grandeur passée et mémoire fragile, Cécile Baudin explore ce moment de bascule avec une sensibilité particulière.

Une enquête au plus près des souvenirs

Pour nourrir son récit, l’autrice s’est livrée à un minutieux travail de recherche. Elle consacre généralement six mois à la préparation d’un roman, pour un ou deux mois d’écriture seulement.

À Salins-les-Bains, elle a longuement fréquenté les archives municipales et départementales. Mais sa quête ne s’est pas arrêtée aux documents. En rencontrant les résidents de l’Ehpad de Bracon, elle a recueilli des fragments de vie, des ambiances, des souvenirs du quotidien des années 60.

De ces échanges sont nés, sous sa plume, des lieux familiers comme un salon de coiffure d’époque. « J’aime découvrir une France que je n’ai pas connue, des métiers que je trouve très beaux… ce patrimoine immatériel qu’on avait et qu’on n’a plus », confie-t-elle.

Une héroïne pour résoudre les mystères du passé

Deuil de Sel ouvre également une nouvelle trilogie contemporaine. Les lecteurs y feront la connaissance d’une généalogiste successorale, personnage récurrent de cette série. Grâce à ses recherches et à son regard d’enquêtrice, elle se penche sur des « cold cases » des années 1960. « Le deuxième roman de cette trilogie se déroulera sur les bords du Loir parmi les verriers », confie Cécile.

À travers ses polars, Cécile Baudin esquisse le portrait d’une France provinciale attachée à son histoire et à ses savoir-faire. Son plus grand plaisir ? Que les lecteurs, une fois la dernière page tournée, aient envie d’aller découvrir par eux-mêmes les lieux qui ont inspiré ses histoires.

Cécile Baudin dédicacera son livre le 23 mai à la médiathèque de Salins-les-Bains.