
La délibération n°21 proposait de regrouper les deux écoles de Richebourg en une seule entité administrative, baptisée “école primaire Richebourg”, à compter de la rentrée 2026. Une mesure qui, selon la municipalité, doit permettre « d’optimiser l’organisation pédagogique et administrative du groupe scolaire » .
Parmi les arguments avancés : « renforcer la continuité pédagogique depuis la petite section jusqu’au CM2 », « simplifier la gestion administrative » grâce à une direction unique, ou encore « améliorer la visibilité du parcours scolaire pour les familles » . La ville insiste également sur le maintien d’« une organisation à taille humaine » sans impact sur les effectifs ni les inscriptions.
Dans les faits, la transition est déjà amorcée. Depuis août 2025, le directeur de l’école élémentaire assure l’intérim sur les deux structures. Une situation présentée comme une étape préparatoire à la fusion.
Le maire, Cyrille Brero, assume toutefois le caractère contraint du vote : « C’est une délibération. est obligé de la passer ». Une manière de reconnaître que la décision s’inscrit dans un cadre dépassant la seule compétence municipale.
Une opposition qui dénonce une décision « déjà actée »
Dans les rangs de l’opposition, Thierry Gaffiot n’a pas caché sa surprise face au calendrier : « Cette délibération surprend un peu puisque toutes les décisions ont été actées au CDEN qui a eu lieu lundi dernier en présence de M. le Maire » .
L’élu critique aussi les justifications avancées, qu’il juge déconnectées de la réalité du terrain. Sur la continuité pédagogique, il rappelle que les deux écoles avaient déjà une expertise reconnue. Sur la simplification administrative, il interroge : « On a bien compris ce que ça veut dire quand on dit optimiser, mais c’est de quel côté ça se situe » .
La question de la direction unique cristallise également les inquiétudes. « Là on va avoir plus qu’un directeur qui va gérer l’ensemble des problématiques scolaires », souligne-t-il, pointant le risque d’isolement et de surcharge .
Pour l’opposition, la fusion ne peut être dissociée du contexte national de réduction des moyens. « C’est directement lié aux suppressions de postes qui ont eu lieu dans le département », affirme Thierry Gaffiot, évoquant suppressions de postes et tensions dans les équipes éducatives.
En toile de fond, la question des moyens et de la carte scolaire
Au fil des échanges, le débat s’est élargi à la politique éducative globale. Le maire a reconnu que la commune avait « subi » la carte scolaire, évoquant les annonces brutales reçues en début de mandat : fermetures de classes, suppressions de décharges de direction ou menaces sur certaines écoles.
« J’ai été obligé de me battre pied à pied pour trouver des solutions », explique-t-il, revendiquant des arbitrages obtenus de haute lutte. Pour la majorité, la fusion de Richebourg s’inscrit ainsi dans une négociation plus large avec l’Éducation nationale.
La discussion a aussi porté sur l’organisation future du réseau scolaire. L’exécutif municipal souhaite aussi lancer une réflexion globale sur la sectorisation, afin d’anticiper les évolutions démographiques liées aux projets immobiliers. « Il faut qu’on réfléchisse ensemble à l’échelle de la ville », insiste Cyrille Brero.























