Football. Un pôle féminin en reconstruction au Jura Sud Football

Fragilisée par une baisse d’effectifs et des choix sportifs contestés, la section féminine du Jura Sud Football tente de se relancer. Son responsable, Matthieu Morel, mise sur la formation et l’ancrage local.

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Jura Sud Foot féminin
Un pôle féminin en reconstruction au Jura Sud Football.

Longtemps en pleine progression, la section féminine du Jura Sud Foot traverse aujourd’hui une zone de turbulence. En l’espace de deux saisons, les effectifs ont fondu de moitié et certaines catégories ont disparu. De retour à la tête du pôle, Matthieu Morel tente de remettre de l’ordre et de reconstruire un projet fragilisé.

Mais aujourd’hui, la dynamique s’est essoufflée. “Il y a deux ans, c’était la première saison où on avait autant de licenciées”, rappelle-t-il. Depuis, les départs liés aux études ou aux trajectoires sportives ont réduit les effectifs. Le club ne compte désormais plus qu’une équipe senior et une formation U16 féminine engagée en championnat masculin.

Une organisation fragilisée

La saison dernière a marqué un tournant. “J’était responsable, je coachais les seniors et j’ai dû reprendre une autre équipe en cours de saison. Je faisais du 7 jours sur 7”, confie-t-il. Épuisé, il décide alors de prendre du recul. Mais son retrait coïncide avec une période délicate pour la section.

Des décisions sportives contestées entraînent notamment la disparition de l’équipe U14 féminine. “On aurait dû avoir une continuité, mais certaines joueuses ont été montées trop tôt”, explique-t-il. Résultat : une structure affaiblie et un effectif en chute, passé d’environ 70 joueuses à 35-40 aujourd’hui.

À cette fragilité interne s’ajoutent des contraintes territoriales. “Éar rapport à notre géographie, c’est compliqué d’attirer du monde”, souligne le responsable, notamment au niveau senior, même lorsque l’équipe évoluait en Régional 1.

Miser sur la formation et le terrain

Face à ce constat, le club veut repartir des bases. “L’idée, c’est d’attirer les joueuses dès l’école de foot pour créer une continuité”, insiste-t-il. Interventions dans les écoles, journées portes ouvertes, actions dans les centres de loisirs : plusieurs initiatives sont envisagées pour reconstruire le vivier.

Mais les moyens manquent. “Le football reste compliqué économiquement”, rappelle-t-il, plaidant pour l’embauche d’une éducatrice. “C’est plus facile d’attirer des petites filles quand c’est une femme qui leur parle.”

Sur le terrain, le travail de formation commence déjà à porter ses fruits. Les U16 féminines, engagées contre des garçons, progressent malgré les écarts physiques. “Avant, on prenait des valises, aujourd’hui on gagne des matchs”, observe-t-il. Plus que les résultats, c’est le développement des joueuses qui prime : “On est pas dans une phase de résultats, mais dans une phase de progression.”

Prochain objectif : redonner de la visu au pôle féminin. Une journée portes ouvertes est notamment prévue le 9 mai sur le site de Molinges, avec l’espoir d’attirer une nouvelle génération. Un premier pas vers la reconstruction.