Dole. Que deviennent nos déchets après la collecte ?

Que deviennent nos déchets une fois collectés ? Entre sensibilisation aux Mesnils-Pasteur à l'occasion des semaines du développement durable et traitement par le SICTOM, le tri répond à des enjeux environnementaux et financiers.

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Les participants ont échangé autour de leurs habitudes de tri.

Un pot de yaourt, une bouteille en plastique ou un verre cassé. Des déchets ordinaires, mais dont la destination suscite encore des hésitations. Ce jeudi 8 octobre, à la Régie de quartier des Mesnils-Pasteur, plusieurs participants ont confronté leurs connaissances lors d’une animation consacrée au tri, durant les semaines du développement durable. Une démarche portée par Mathilde, écomédiatrice depuis deux ans et demi, qui intervient auprès des habitants et des partenaires du quartier.

La séance a débuté par un exercice de photolangage. Chacun devait choisir une image illustrant sa perception des déchets. Pollution des océans, atteintes à la biodiversité ou surconsommation ont alimenté les échanges. Puis, les interrogations sont devenues plus concrètes : faut-il laver les emballages ? Où déposer les piles ? Peut-on jeter un verre cassé avec les bouteilles ?

Ces questions traduisent aussi l’évolution des consignes. Depuis 2023, tous les emballages et papiers peuvent rejoindre les bacs de tri, sans lavage préalable. Pour Mathilde, l’enjeu dépasse toutefois le simple rappel des règles. « Ma mission principale, est quand même énormément liée aux déchets », explique-t-elle. Dans le quartier, elle travaille également sur les dépôts d’encombrants, interdits depuis 2021, mais dont certaines habitudes persistent. « C’est vrai que c’était pratique et que maintenant, ça demande un peu plus d’organisation », reconnaît-elle.

Quel parcours par la suite ?

Car le geste effectué devant sa poubelle détermine ensuite le parcours du déchet. Mais justement, quel est son parcours ? Au SICTOM de Dole, Romain Gasset, chargé de communication, détaille une organisation qui couvre le Grand Dole, Jura Nord, le Val d’Amour et la Plaine Jurassienne.

Les ordures ménagères résiduelles sont d’abord acheminées vers un quai de transfert, situé au SICTOM. Compactées dans des caissons, elles rejoignent ensuite Lons-le-Saunier pour être incinérées. Cette opération permet notamment de produire de l’électricité et de la chaleur. En 2025, 13 764 tonnes de déchets ont suivi cette filière sur le territoire du syndicat.

Les emballages connaissent un autre parcours. Après leur collecte, ils passent par un centre de tri où différentes machines séparent les matières. Les plastiques peuvent ensuite rejoindre un centre de surtri avant leur recyclage. Une organisation qui explique l’importance de déposer les emballages séparément. « Ils n’ont pas besoin d’être en sac ni d’être lavés », rappelle Romain Gasset. Les différents matériaux peuvent ainsi être orientés vers les filières de valorisation correspondantes.

Un enjeu financier pour les collectivités

Le développement du tri des biodéchets constitue un autre volet de cette organisation. À Dole, le SICTOM poursuit le déploiement des bornes destinées aux restes alimentaires. Ces derniers sont transportés vers la plateforme de compostage de Brevans, où ils sont mélangés à des déchets verts. Après environ neuf mois de transformation, le compost est vendu aux agriculteurs locaux. Une manière de réintroduire ces matières organiques dans les sols agricoles.

Mais derrière ces filières se pose également la question des coûts. Selon Romain Gasset, le traitement d’une tonne d’ordures ménagères résiduelles représente 150 euros, contre 38,50 euros pour les emballages et 35 euros pour les biodéchets. Des chiffres qui n’intègrent pas les dépenses liées à la collecte, à l’entretien des véhicules ou encore aux équipements nécessaires.

L’écart est loin d’être anodin pour le syndicat, dont les dépenses sont notamment financées par les contributions des collectivités. Réduire la quantité de déchets incinérés présente donc un double intérêt, environnemental et économique. « On voit le haut de l’iceberg, mais on ne voit jamais le dessous », résume Romain Gasset, quant à ces phases de triage. De la sensibilisation menée dans les quartiers jusqu’aux centres de traitement, l’efficacité de cette organisation repose aussi sur les habitudes quotidiennes des habitants.