Champagnole. Les addictions au cœur des échanges

Dans le cadre des Semaines d'information sur la santé mentale (SISM), deux projections à la salle du Rex à Champagnole ont permis de sensibiliser les jeunes et le grand public aux addictions.

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Les projections ont permis d'aborder les addictions sans jugement. Image d'illustration.

Comment parler des addictions aux jeunes sans les culpabiliser ? Le 15 octobre à Champagnole, le documentaire “Tout pour être heureux ?”, réalisé par Jérôme Adam, a servi de point de départ à une réflexion collective. Organisées au cinéma Le Rex dans le cadre des Semaines d’information sur la santé mentale (SISM), deux projections ont réuni 191 spectateurs. Parmi eux, 89 élèves du lycée Paul-Émile-Victor, accompagnés de 26 adultes, ont assisté à une séance spécialement consacrée à la prévention. « Notre but, c’était de sensibiliser les jeunes », explique Catherine Perrard, à l’initiative du projet porté par l’association “La Coquille du Plateau”.

Le documentaire aborde les addictions à travers le regard des familles et des fratries, souvent confrontées à des situations difficiles. Une approche encore peu mise en avant, selon les organisateurs. « C’est rare qu’on donne la parole à la fratrie, aux familles », souligne Stéphane Perrard, président de l’association. L’après-midi, une psychologue et une infirmière ont animé un temps de prévention auprès des élèves. Les discussions ont notamment porté sur les risques liés aux premières consommations, mais aussi sur l’importance de rester attentif à son entourage. « On a conclu qu’il fallait qu’ils prennent soin d’eux, et qu’ils prennent soin des autres aussi », rapporte Catherine Perrard.

Dépasser les idées reçues

Le soir, 76 personnes ont participé à une seconde projection, suivie d’un débat avec des professionnels de l’addictologie, dont le docteur Sorgue et l’infirmier Chapouilly. Les échanges ont permis d’aborder les mécanismes de l’addiction sous un autre angle. Le médecin a notamment expliqué qu’une consommation pouvait constituer, pour certaines personnes, une réponse à une souffrance ou à des difficultés. Une approche qui invite à comprendre les causes plutôt qu’à se concentrer uniquement sur les comportements. « On a tendance, la famille, à le voir comme un consommateur, et plus voir la personne », souligne Stéphane Perrard. Au-delà du film, cette rencontre a permis d’ouvrir un sujet encore difficile à aborder publiquement. Pour les organisateurs, l’enjeu reste de favoriser le dialogue et la prévention, tout en rappelant que les proches ont également besoin d’écoute et d’accompagnement.