Tavaux. Branché sur l’espace, un radioamateur jurassien à l’écoute de la Station spatiale internationale

Depuis Tavaux, un passionné de radioamateur a réussi à capter une transmission en direct de la Station spatiale internationale. Une pratique encore méconnue, qu’il souhaite aujourd’hui rendre accessible au plus grand nombre.

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Pour Vincent Plousey, il n'y a pas besoin d'avoir du matériel extrêmement sophistiqué pour écouter l'espace.

À première vue, rien ne distingue l’installation de Vincent Plousey d’un matériel de passionné. Pourtant, depuis chez lui, ce Jurassien parvient à capter des transmissions venues de l’orbite terrestre, notamment celles de la Station spatiale internationale. “C’est impressionnant, mais accessible avec un équipement relativement simple”, assure ce radioamateur passionné.

Le 25 mars dernier, il a ainsi réussi à capter en direct une communication impliquant la spationaute française Sophie Adenot. “C’était la première transmission en français avec des étudiants francophones, au Luxembourg. Je voulais vraiment la recevoir”, explique-t-il. Une réussite presque inattendue : “C’était dix minutes avant que je parte au travail. J’ai eu du bol.”

Une passion née de l’enfance

Chez Vincent Plousey, la passion remonte loin. “Ça remonte à l’enfance, avec les vieux postes de radio de mon arrière-grand-père.” Fasciné par ces appareils capables de capter des voix lointaines, il découvre peu à peu l’univers des ondes. La révélation arrive en librairie, avec un magazine spécialisé : “Ça a été un coup de foudre. On pouvait écouter le monde entier.”

Aujourd’hui encore, il revendique une pratique à la croisée de la science et de la curiosité. “Un radioamateur, c’est un citoyen ordinaire qui passe un certificat auprès de l’Agence Nationale des Fréquences (ANFR). On pourrait dire qu’on est des chercheurs, mais avec le statut d’amateur.” Une activité qui repose avant tout sur le partage : “C’est purement pour notre plaisir personnel, et pour transmettre nos connaissances.”

Au-delà de la technique, Vincent souligne aussi une dimension humaine forte. “On est des ambassadeurs de la paix. On communique avec des gens du monde entier, sans parler politique ni religion.” Une philosophie qui transcende les frontières, même en période de tensions internationales.

Une pratique encore méconnue

Pour capter les signaux de l’espace, il faut d’abord savoir quand regarder le ciel… et écouter. Grâce à des logiciels de suivi, les radioamateurs anticipent le passage de la station spatiale. “On a environ dix minutes de fenêtre. Il suffit ensuite d’être dehors avec un récepteur”, détaille-t-il.

Contrairement aux idées reçues, nul besoin d’un équipement hors de prix. “Avec un appareil qui a 25 ans, je peux recevoir la Station spatiale internationale.” Et même avec des moyens rudimentaires : “J’ai fabriqué une antenne avec une boîte de bonbons et du fil électrique.”

En France, ils seraient environ 13 000 à pratiquer cette activité, avec une moyenne d’âge élevée. “La moyenne, c’est 80 ans. Si on n’attire pas les jeunes, notre monde disparaîtra.” D’où son envie de transmettre. “Ce n’est pas un truc de “pépé”. On peut commencer pour presque rien.” Il partage également ses expériences et démonstrations sur sa chaîne YouTube “F0GXR”, où il publie des vidéos consacrées à la détection et au suivi radio des engins spatiaux.

Vincent Plousey espère désormais aller plus loin : créer une dynamique locale autour de l’écoute spatiale. Démonstrations, initiations, voire un club… “Mon but, c’est de montrer que chacun peut établir un lien direct avec l’espace depuis chez soi.”

Et peut-être, un jour, permettre à d’autres habitants du Jura de dialoguer eux aussi avec les étoiles.